Une série de vidéos amateur montrant un homme âgé frappé par des policiers fait scandale depuis mercredi 20 février sur les réseaux sociaux burundais. À plus de 70 ans, la victime, accusée de sorcellerie, a reçu des coups de bâton et a dû faire une série de pompes en public. Depuis, le gouvernement a dénoncé ces pratiques "inhumaines" et annoncé avoir arrêté les policiers et le gouverneur impliqués.

Mercredi 20 février, un homme accusé d’être un "sorcier" et d’être responsable de la mort d’une petite fille a été frappé et humilié en public par plusieurs policiers, dans la localité de Mugara, à 70 km au sud de Bujumbura. La scène a été filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux, notamment par des activistes et des opposants au pouvoir en place.

La rédaction des Observateurs de France 24 a été alertée et a pu faire traduire le contenu de ces images, dans lesquelles la langue kirundi est utilisée.


"Cherchez-moi une bonne machette pour lui couper le cou", dit notamment un policier. "Mets tes jambes ici (sur le mur, ndlr), en haut (sur le mur, ndlr) ! Enlève tes sandales ! Fais vite !", lui ordonnent plusieurs membres des forces de l’ordre.

Ces images et une vidéo montrant le gouverneur de la province de Rumonge, Juvénal Bigirimana, ont pu être authentifiées par des résidents interrogés par l’AFP. Ce dernier s’adresse à une foule sur le parvis d’un bâtiment, le "Bureau de la Colline de Mugara".


"Vous avez entendu ce qu’il s’est passé à Mugara. Il y a un enfant qui a eu un problème (de santé, ndlr). Par la suite, (vous) les habitants de Mugara, vous avez commencé une chasse à l’homme et ce vieil homme était l’une de vos cibles. Peu après, cet enfant en question est décédé. Ce vieil homme a fui vers où ? Vers les forces de l’ordre. Ces forces de l’ordre l’ont sérieusement interrogé pendant un moment jusqu’à ce qu’il avoue. Et il a dit lui-même : 'je suis un sorcier'", a-t-il déclaré.

Des policiers "ennemis du Burundi" ?

Dans un tweet publié jeudi 21 février, le ministère burundais de la Sécurité publique a indiqué que les policiers ont torturé cette homme "de façon inhumaine", qu’ils ont été identifiés, arrêtés et qu’ils opéraient "sur commande des ennemis du Burundi".


Dans l’objectif d’obtenir plus de détails sur ces policiers, le gouverneur et les “ennemis” du pays mis en cause, la rédaction des Observateurs de France 24 a tenté de joindre le ministère de la Sécurité publique, sans succès. Nous publierons sa réponse quand elle nous parviendra.