Une technique d’interrogatoire de la police indonésienne fait scandale après la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux début février. On y voit un officier de police enrouler un serpent autour d’un suspect pour le forcer à avouer des vols. La scène s’est déroulée dans un poste de police de Papouasie, dans l’est du pays, à une date inconnue.

"Combien de fois as-tu volé des téléphones portables ?" crie un policier sur le suspect, qui hurle. "Juste deux fois", finit-il par lui répondre. Tout au long de cette vidéo, qui dure une minute et 20 secondes, le serpent, long de deux mètres environ, est enroulé autour du cou du suspect et approché de sa bouche et de ses pieds par l’agent indonésien. En fond sonore, on distingue clairement les rires d’autres policiers.


Ces images ont été massivement partagées sur les réseaux sociaux à partir du 6 février, notamment par l’avocate et défenseure des droits de l’homme Veronica Koman. "Il s’avère que l’utilisation de serpents pour interroger les Papous est répandue", affirme-t-elle sur Twitter.

Les faits se seraient déroulés dans le district de Jayawijaya, dans la province de Papouasie à l’est du pays, mais la date reste inconnue.

Le suspect filmé dans cette vidéo appartiendrait à la population mélanésienne de Papouasie, régulièrement victime d’abus des forces de sécurité indonésiennes selon des organisations de défense des droits de l’homme, rapporte l’AFP.

Pour Veronica Koman, interrogée par la Deutsche Welle, ces images viennent corroborer les témoignages d’activistes papous qui rapportent depuis longtemps ce genre de pratique.
 
Cette vidéo n’est que la partie émergée de l’iceberg, l’utilisation de serpents comme méthode de torture n’est pas nouvelle en Papouasie occidentale […]. Un de mes clients, un activiste indépendantiste, a été jeté dans une cellule où se trouvait un serpent, il a été frappé et forcé de s’approcher du serpent pour lui faire avouer qu’il avait volé un scooter,

Les policiers interrogés

"Un policier est actuellement interrogé par la division des affaires internes de la police de Papouasie", a confirmé à l'AFP lundi un porte-parole de la police, Ahmad Mustofa Kamal. Il n'a pas donné l’identité du policier en question ni précisé si d'autres feraient l'objet d'enquêtes.

Tonny Ananda Swadaya, le chef de la police du district de Jayawijaya, a présenté des excuses dans un communiqué. Selon lui, "le serpent était apprivoisé et n'était pas venimeux ou dangereux" et les policiers ont eu cette idée "pour obtenir des aveux aussi rapidement que possible". "Nous travaillerons de façon plus professionnelle à l'avenir", a promis le responsable.