Deux femmes auront finalement réussi à rentrer dans le temple de Sabarimala, réservé exclusivement aux hommes, ce mercredi 2 janvier au matin. La Cour suprême indienne avait ordonné en septembre dernier d’ouvrir l’accès au temple aux femmes de moins de 50 ans, qui étaient jusque-là refusées car elles étaient encore en âge d’avoir leurs règles. Mais de vives manifestations avaient jusqu’ici empêché l’application de ce jugement.

Les deux femmes, Bindu Ammini, 40 ans, et Kanaka Durga, 39 ans, avaient déjà tenté d’entrer dans le temple de Sabarimala (État du Kerala) en décembre dernier, mais elles avaient été refoulées par les manifestants, s’opposant à l’ouverture de l’accès aux femmes. D’autres activistes femmes avaient également tenté d’entrer sans succès. C’est finalement à l’aube ce mercredi matin que les deux femmes ont pu pénétrer dans l’enceinte, sous escorte policière.

“Nous n’avons pas eu de problèmes pour accéder au sanctuaire, et les responsables du temple ont été coopératifs. Nous sommes parties avant que les manifestants nous repèrent", a expliqué Bindu Ammini à la BBC.

Trois vidéos de la scène circulent, on y voit les deux femmes vêtues de noir marcher à l’intérieur du temple.



Les images sont rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux, où elles sont partagées avec des messages variés. Certains applaudissent le courage des deux femmes, d’autres y voient une attaque contre la tradition hindouiste. Un hashtag se retrouve dans beaucoup de publications de ces derniers : #BlackDayForHindus ("jour noir pour les Hindous").

Le temple est dédié à la déesse Ayyappan, qui est célibataire. C’est la raison avancée pour sa la fermeture aux femmes de moins de 50 ans.

La fin de l’interdiction avait été soutenue par le gouvernement local (de gauche) du Kerala. Mais beaucoup de politiciens de droite, comme le Premier ministre nationaliste Narendra Modi, l’ont décriée, justifiant leur position pour des raisons de tradition et non d’égalité des genres.

Des prêtres ont fermé le temple pendant plusieurs heures après l’entrée des deux femmes, afin de "purifier" les lieux. L’annonce de la visite de deux femmes a également déclenché une vague de violences en plusieurs endroits dans le Kerala.

Mardi 1er janvier, des milliers de femmes avaient formé une chaîne humaine, le "mur des femmes", pour soutenir l’égalité des genres. La manifestation avait été organisée par les autorités du Kerala.