Pendant plusieurs mois, des bénévoles de l'association Biosfera ont nettoyé la plage des Achados, sur l'île déserte de Santa Luzia, au Cap-Vert. Grâce à cette vaste campagne, ils ont pu retirer des tonnes de déchets plastiques et recenser leur provenance grâce aux étiquettes. Ils assurent avoir retrouvé des produits venant d'au moins 25 pays différents.

Le 27 novembre dernier, sur Facebook, l'association publiait d'impressionnantes images des ordures retrouvées sur la plage protégée des Achados, l'une "des plus importantes plages pour la ponte des tortues". Une série de photos montraient ainsi les pays de fabrication de ces déchets, parmi lesquels se trouvaient par exemple la Colombie, le Brésil, la Thaïlande ou encore le Ghana et l'Afrique du Sud. 

Vidéo publiée le 27 novembre sur la page Facebook de Biosfera Cabo Verde. En légende, l'association explique qu'après six mois de nettoyage, les bénévoles ont retrouvé des déchets d'au moins 25 pays différents.

Interrogée par notre rédaction, la directrice de Biosfera, Blandine Mélis, assure que ces détritus viennent d'au moins 25 pays différents : 
 
Il est difficile de dire exactement le lieu où le déchet a été jeté, mais on se réfère aux étiquettes des déchets : les bouteilles d'eau, les conserves... et on a répertorié 25 pays dans lesquels ont été fabriqués ces produits.
 
Si certains déchets seraient jetés au Cap-Vert, par des habitants et des touristes, d'autres seraient ramenés par la mer, notamment depuis les côtes ouest-africaines. Des "pots à poulpes" en plastique, principalement utilisés par des pêcheurs mauritaniens, dérivent ainsi jusqu'aux plages de Santa Luzia, et notamment sur celle des Achados. "Ce n'est pas quelques pots que l'on retrouve à Santa Luzia, mais des centaines", souligne Blandine Mélis. 

Or c'est également sur cette plage que, chaque année, des tortues viennent pondre. Et avec les déchets qui jonchent le sable, elles risquent souvent de se retrouver piégées : 
 
Nous avons ici au Cap-Vert une espèce de tortues marines, l'espèce caouanne, qui est classée selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme une espèce vulnérable. Et quand ces plages sont jonchées de détritus, ce sont de véritables obstacles : d'une part pour les femelles, pour monter sur la plage, mais encore plus pour les petits qui n'ont pas beaucoup de force, qui n'ont pas la capacité de se déplacer facilement, de retourner à la mer parce qu'ils se prennent dans tous ces détritus.

Retrouvez notre vidéo avec le témoignage de la directrice de Biosfera ci-dessous :

 
Vous aussi, vous avez répéré une initative locale près de chez vous ? N'hésitez pas à venir nous en parler par mail : observateurs@france24.com ou sur notre page Facebook