Après l’effondrement de deux immeubles d’habitation à Marseille le 5 novembre, un drame qui a fait au moins sept morts, les habitants de la cité phocéenne se mobilisent sur les réseaux sociaux pour documenter l’insalubrité de leurs logements. Avec le hashtag #BalanceTonTaudis, lancé par le quotidien La Marseillaise, ils publient photos et vidéos d’installations dangereuses bardées de fissures.

Le quotidien régional La Marseillaise a lancé mercredi 7 novembre une enquête citoyenne pour récolter photos, vidéos et témoignages attestant de l’état parfois critique des logements à Marseille. Le projet, nommé #BalanceTonTaudis, doit permettre de récolter des données sur le mal-logement et de répondre aux questions des victimes, en partenariat avec plusieurs organisations comme Emmaüs Pointe-Rouge, Droit au logement, le Donut Infolab, une association de sensibilisation au thème des données, ou encore la Confédération nationale du logement.

Ce hashtag a ensuite été relayé à des dizaines de reprises sur les réseaux sociaux, notamment Twitter, où des internautes ont publié des images de logements et d’une école insalubres.





Sur Facebook, un architecte, Gérard Martin, a publié une série de photos anciennes d’un immeuble, prises lors d’un état des lieux dans la rue d’Aubagne, où se trouvaient les deux immeubles dont l’effondrement spontané lundi 5 novembre a tué au moins cinq hommes et trois femmes. Il décrit ces images comme "l’échantillon d'un 'type d'habitat' beaucoup trop répandu dans cette rue et ailleurs dans Marseille".

"Là, les riches propriétaires, marchands de sommeil, conscients malgré tout de l'indécence, n'y habitent pas bien sûr. Seule la cupidité, aujourd'hui meurtrière, les motive. Ces photos sont le fruit d'un état des lieux réalisé en 2006 à l'issue duquel un projet de confortement de l'escalier a été établi. Les copropriétaires jugeant le coût des travaux trop élevé ont décidé de cacher la misère en se contentant de reboucher les trous et les fissures..." poursuit-il.


À terme, La Marseillaise entend analyser ces témoignages pour organiser un débat dans ses locaux sur l’état du parc immobilier marseillais.

Près de 13 % des logements marseillais seraient ainsi indignes, selon un rapport adressé à la ministre du Logement en 2013, contre 6 % en moyenne sur l’ensemble du territoire français.

Ce hashtag s’est ensuite propagé dans d’autres villes, avec des internautes dénonçant l’état de leur logement en région parisienne ou à Lyon.




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