Recette pour guérir du sida et maltraitance d'enfants : quand les pasteurs haïtiens dérapent
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Ces derniers mois, plusieurs pasteurs ou prophètes auto-déclarés haïtiens ont défrayé la chronique en ayant des comportements très surprenants : maltraiter un enfant pour le guérir d'une supposée maladie mystique, ou encore affirmer pouvoir guérir les personnes atteintes du sida, certains ne reculent devant rien pour tromper leurs fidèles.
Notre Observateur Niepce Zéphirin revient sur ces incidents autour de deux prophètes auto-déclarés : le pasteur "Berger Moderne", et le prophète Mackenson Dorilas. Il s'est notamment rendu sur les lieux de l'église de "l'Armée céleste" pour constater par lui-même les rituels pratiqués par ces derniers.
Que s'est-il passé pour ces deux pasteurs depuis la diffusion de l'émission ?
Le samedi 22 septembre 2018, la direction de la police judiciaire haïtienne a annoncé que le Pasteur "Berger Moderne" avait été placé en garde à vue après une cavale d'un mois et demi. Ce dernier est en attente de comparution devant la justice.
Quant au prophète Mackenson Dorilas, le 21 septembre dernier, il a été interdit de continuer d'exercer et de prêcher en public par le ministère des Cultes haïtiens, faute de pouvoir présenter des diplômes d'étude théologique. Le ministère lui a donné un mois pour présenter ces documents. Cependant, le prophète auto-proclamé a indiqué deux jours plus tard ne pas tenir compte de cette interdiction.
Selon Aristilde Deslande, journaliste spécialiste des religions pour le site haïtien Netalkole, les deux affaires ont fait bouger les choses :
La justice a bien été obligée de réagir pour gérer la situation, tout comme le ministère des Cultes. L'attention est tellement soutenue, que maintenant, [le ministère a expliqué que] les prières nocturnes qui nuisent à la population à cause du bruit seront sanctionnées. Les églises et pasteurs qui ne sont pas dotés de statut légal pour fonctionner sont invités à entreprendre les procédures. Cependant, je regrette que le ministère accorde un délai aux chefs religieux illégaux pour présenter leurs documents.