MALI

Vidéo : des étudiants maliens contraints d’uriner dans les couloirs faute de toilettes

Les escaliers de la faculté d'histoire-géographie de l'université de sciences sociales et gestion de Bamako. Photo prise par notre Observateur.
Les escaliers de la faculté d'histoire-géographie de l'université de sciences sociales et gestion de Bamako. Photo prise par notre Observateur.
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Presque toutes les toilettes de la faculté d’histoire-géographie de Bamako, la capitale malienne, sont inutilisables. Pour soulager ses besoins pressants, une solution : uriner où l’on peut, au détriment du confort de ses camarades. Notre Observateur, étudiant dans l’université publique, a filmé des couloirs et escaliers aspergés d’urine. Il dénonce l'incivisme des étudiants et les négligences de la direction.

Les couloirs de la faculté d’histoire-géographie de l’université de sciences sociales et gestion de Bamako empestent l’urine, selon notre Observateur. Les étudiants ont pris l’habitude de se soulager dans les recoins des couloirs et des escaliers, faute de toilettes fonctionnelles disponibles.

 

"Les garçons pissent dans les couloirs, les filles sur le toit"

Notre Observateur Clément F. est un étudiant de la faculté souhaitant garder l’anonymat par peur de représailles. Il a documenté en photos et vidéos les conditions dans lesquelles lui et ses camarades étudient.

 

Les toilettes de l’université sont extrêmement sales et la plupart ne fonctionnent pas. Quand on entre dans les sanitaires, une odeur épouvantable nous prend à la gorge. Du coup je fais tout pour les éviter.

Pour ne pas avoir à les utiliser, des étudiants vont uriner un peu partout, parfois à l’intérieur des bâtiments, dans les recoins, les escaliers ou derrière les murs. L’odeur nauséabonde qui règne déjà dans les toilettes se propage ainsi dans toute la faculté.

Selon notre Observateur, ce mobilier est empilé ainsi pour décourager les étudiants qui souhaiteraient uriner dans ce recoin.

Les filles aussi doivent trouver des endroits où uriner à l’abri des regards. Mes amis m’ont expliqué qu’elles vont sur le toit.

Vraiment, tout cela ne répond pas du tout aux normes d’hygiène. Étudier dans ces conditions n’est pas normal.

L'entrée de l'université. Photo prise par notre Observateur.

Quelques toilettes en état de fonctionnement sont présentes dans la faculté, mais dans les bâtiments de l’administration et de l’institut Confucius, des établissements implantés par la Chine où des cours de chinois et de culture chinoise sont proposés. Pour notre Observateur, ces toilettes ne sont pas destinées aux étudiants de la faculté et ne peuvent pas suffire aux quelques 6 000 inscrits.

Contacté par la rédaction des Observateurs de France 24, le chargé de patrimoine de l’université a reconnu des dysfonctionnements mais promis des changements.

 

Nous avons prévu avant la fin 2018 la réalisation d’infrastructures pour réhabiliter les sanitaires. En plus de cela, nous faisons appel à des prestataires privés de nettoyage plusieurs fois par an pour nettoyer les toilettes. Il y a aussi et surtout un problème de comportement et d’incivisme des étudiants. Quoi qu’il en soit, nous nous engageons à assurer la disponibilité aux étudiants d’un bâtiment aux normes avant la fin de l’année.