Ce week-end était organisée à Washington une grande marche pour le contrôle des armes aux États-Unis, en réaction au massacre de 17 personnes le 14 février dans le lycée Marjory Stoneman Douglas, à Parkland, en Floride. À cette occasion, Emma González, figure du mouvement anti-armes, a été la cible d’internautes conservateurs qui ont manipulé une vidéo pour ternir son image. Un exemple de technique avancée au service de la désinformation.

Emma González, 18 ans, était présente lors de la fusillade du lycée de Parkland en Floride, où 17 élèves ont perdu la vie le 14 février 2018. Depuis cette date, elle mène avec une petite dizaine de camarades une campagne pour un contrôle plus strict des armes à feu. L’objectif est de torpiller l’influence de la National Rifle Association (NRA), un lobby jugé très influent auprès des dirigeants politiques.

Les élèves du lycée de Parkland ont organisé une grande manifestation à Washington ce samedi 24 mars 2018, où près de 800 000 personnes ont défilé, selon les organisateurs.

Les partisans du libre port d’armes et sympathisants de la NRA ont contre-attaqué sur les réseaux sociaux. Ils ont notamment utilisé une technique avancée de retouche vidéo pour prêter à Emma González un geste qu’elle n’a pas effectué : déchirer la Constitution américaine.

Le célèbre acteur américain Adam Baldwin a repris cette vidéo sur Twitter.

Mais cette vidéo est complètement fausse. Il s’agit d’un montage réalisé à partir d’une autre vidéo dans laquelle Emma González déchire une cible de tir pour le site Teen Vogue.

La vidéo originale, publiée sur le compte Twitter du magazine Teen Vogue.
 
Technique avancée de montage vidéo

Les auteurs de ce montage ont réussi à duper plusieurs internautes, ici ou .

Pour ce faire, ils ont utilisé une technique de montage vidéo relativement avancée : le "motion tracking". Disponible sur des logiciels professionnels comme "After Effects", elle permet d’insérer une ou plusieurs images dans une vidéo.

Ici, une photo de la Constitution américaine a été "collée" sur la cible de tir et le logiciel a permis de faire "bouger" la photo de la Constitution pour qu’elle épouse le mouvement de déchirure. La qualité de la vidéo a également été altérée, probablement pour rendre la manipulation moins visible.

Un autre exemple de cette technique utilisée pour désinformer le public a concerné le président américain Donald Trump. La manipulation lui faisait chanter les louanges du pèlerinage à la Mecque, alors qu’il commentait une photo de son investiture à Washington. Retrouvez toutes les explications dans le dernier épisode d’Info Intox.