FRANCE

En France, la "pénurie de beurre" amuse les internautes

Capture d'écran de photos publiées sur les réseaux sociaux ces dernières semaines.
Capture d'écran de photos publiées sur les réseaux sociaux ces dernières semaines.

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Dans les rayons frais des supermarchés français, les étals de beurre se vident ces dernières semaines. Une pénurie qui s'explique par une baisse de la collecte de lait cet été, une augmentation de la demande à travers le monde et une flambée des prix. Mais sur les réseaux sociaux, l’affaire est propice aux plaisanteries.

"Vends une motte de beurre un peu entamée. Reste 350 grammes." Alors que le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, a reconnu mardi 24 octobre sur Sud Radio que le marché français se trouvait en "déficit de fourniture de beurre", certains internautes préfèrent en rire.

Capture d'écran du site Le Bon Coin réalisée par Le Télégramme.

"Plaque de beurre à vendre, bon état"

Depuis le début la semaine, plusieurs annonces humoristiques ont été publiées sur le site d’annonces Le Bon Coin. "Vends tartine de pain superposée d'un véritable beurre demi-sel paysan breton acheté il y a moins d'une semaine (facture à l'appui)" ou "Plaque de beurre à vendre, bon état", peut-on lire sur le site, comme le rapporte France Bleu.

Sur Twitter également, la crise du beurre inspire. "À vendre urgent, Bretagne : maison vue mer exceptionnelle, accès plage privé, jacuzzi, sauna, court de tennis... Prix : ( 2 livres de beurre)", ironise un internaute, sous-entendant que le prix du beurre explose du fait de sa rareté. "Mon frigo, c’est la Banque de France", renchérit un autre avec une photo montrant trois paquets de beurre en guise de lingots d’or dans son frigo.

Les amateurs de pâtisseries, eux, s'inquiètent pour leurs assiettes. "Face à la pénurie de beurre, les Bretons doivent s’adapter. Kouign amann sans beurre", écrit en légende d'une image de moule à gâteau vide un Twittos. Pendant ce temps, dans la presse française, les articles proposant des solutions alternatives se multiplient, avec notamment la recette du gâteau au chocolat à la courgette ou du cake vegan.

Mots d’excuses

Le problème n’en est pas moins sérieux. Depuis plusieurs semaines dans les supermarchés français, les étagères réfrigérées se vident de leurs précieuses mottes. Certaines enseignes vont même jusqu'à placer devant leurs rayons de petits mots pour s'excuser de ne pas pouvoir vendre ce produit.

Depuis avril 2016, le cours du beurre a quasiment été multiplié par trois : alors qu’il fallait débourser 2 500 euros pour une tonne en avril 2016, le prix est passé à 6 800 euros en septembre 2017. La hausse de la demande mondiale, notamment en provenance de Chine, et la baisse de la production laitière en Nouvelle-Zélande, premier pays exportateur, et en Europe, en sont les principaux facteurs.

Mais à cela s'ajoute une particularité française : chaque année, en février, la grande distribution s’entend avec ses fournisseurs de beurre sur un prix d’achat. Or, depuis l'accord de février dernier, les prix se sont envolés, sans que les supermarchés puissent proportionnellement faire monter leurs prix. Pour les industriels français qui fournissent le beurre, le marché est de moins en moins rentable. Ces derniers préfèrent alors se tourner vers d'autres produits, comme le fromage, ou exporter leurs matières grasses dans d'autres pays.