JAPON

Réveil alarmant pour les Japonais survolés par un missile nord-coréen

Des hauts-parleurs ont sonné l'alerte à 6 h du matin le 29 août, alors qu'un missile balistique nord-coréen survolait l'île de Hokkaido.
Des hauts-parleurs ont sonné l'alerte à 6 h du matin le 29 août, alors qu'un missile balistique nord-coréen survolait l'île de Hokkaido.

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Un missile balistique nord-coréen a survolé le Japon, mardi matin, avant de s’échouer dans l’océan Pacifique. Un tir qui a provoqué l’alerte générale dans des villes de l’île d’Hokkaido, au nord du pays, au-dessus de laquelle l’engin est passé. Pour notre observateur, la menace nord-coréenne est bien à prendre au sérieux.

L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche début 2017 a marqué une escalade des tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord : le président américain et le chef d’État nord-coréen s’invectivent régulièrement. Washington et son allié sud-coréen multiplient les manœuvres en mer du Japon, tandis que Pyongyang a tiré plusieurs missiles balistiques pour tenter de prouver sa capacité à toucher le territoire américain. Après avoir menacé l’île de Guam, c’est finalement en direction du Japon que le régime a tiré un missile balistique, mardi matin.

Le missile a parcouru 2 700 km avant de s’abîmer dans l’océan Pacifique à 1 180 km à l’est du cap Erimo, la pointe méridionale de l’île d’Hokkaido. Il est passé à 550 kilomètres au-dessus de l’île de Hokkaido, comme le montre la carte établie par Liveuamap :

Le Japon se tient prêt à une possible attaque nord-coréenne et le tir du missile a déclenché une alerte à Hokkaido. Plusieurs habitants ont filmé la scène alors que les sirènes retentissaient à l’aube.

À 6 h du matin,les sirènes ont retenti dans plusieurs points de Hokkaido.

"Cela prouve que la Corée du Nord ne fait pas que de la provocation"

C’est aussi le cas de notre Observateur, Joe Narsico, étudiant en doctorat à Hakodate, qui raconte son réveil inattendu.

À 6 heures ce matin, j’ai été réveillé par une alarme sur mon smartphone, j’ai tout de suite pensé que c’était…. un tsunami, car ma ville se trouve au bord de la mer. Mais le message m’informait qu’un missile était en train de survoler Hokkaido. Quelques secondes après, un haut-parleur annonçait dans la rue la même chose, nous invectivant de nous mettre en sécurité. Je me suis à ma fenêtre et j'ai filmé.

Vidéo pris par notre Observateur.

Le message diffusé par les hauts-parleurs.

Il y a quelques mois, le gouvernement a diffusé des informations sur ce qu’il faut faire en cas de tir de missile. Nous sommes censés nous rendre dans un bâtiment sûr et solide, mais il n’y a pas plus de précisions. Dans les lieux publics, comme les écoles, des lieux d’évacuation sont prévus, comme les salles de gym, où les élèves sont censés se retrouver. Mais il n'y a pas d’infrastructures dédiées dans les villes.

Une brochure publiée par le gouvernement japonais en avril 2017 sur les comportements à adopter en cas d’attaque "terroriste" reste effectivement assez vague concernant le cas d’un tir de missile. Plusieurs millions d’habitants ont en tout cas reçu la même alerte par message que notre Observateur.

Cinq minutes après les premières alertes, j’ai reçu un nouveau sms et il y a eu un nouveau message via les hauts-parleurs. Je suis allé sur internet, et dix minutes plus tard, les sites d’information disaient que le missile était tombé dans l’océan Pacifique.

Je n’ai pas vraiment eu le temps d’avoir peur. Il était très tôt, à cette heure-là, le quartier où je vis n’est pas encore animé, et je n’ai vu personne sortir de chez lui en panique.

J’étais bien conscient de la montée des tensions entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, et je savais que les nord-Coréens tiraient des missiles mais je n’aurais pas pensé que ça passerait au-dessus de mon île. Cela prouve que ce n’est pas que de la provocation, il peut vraiment se passer quelque chose de grave. Et que voulez-vous, maintenant, il faut vivre avec ce risque.

Deux engins nord-coréens avaient déjà survolé le Japon en 2009 et 1998, présentés par le régime nord-coréen comme des fusées porteuses de satellite, mais considérés comme des missiles par le Japon et ses alliés. Le tir de ce mardi est le 18e tir d’un missile nord-coréen en 2017, qui correspond aux manœuvres américano-sud-coréennes dans la région. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a estimé que le tir de ce missile était un "acte irresponsable, représentant une menace sérieuse et grave pour le Japon" alors que Donald Trump s’est dit "à 100 % avec le Japon".