ARABIE SAOUDITE

En Arabie saoudite, un ado arrêté pour avoir dansé la Macarena sur la route

Un jeune adolescent de 14 ans a dansé la Macarena sur la route à Jeddah à un feu rouge. Il a été arrêté et transféré devant la justice saoudienne.
Un jeune adolescent de 14 ans a dansé la Macarena sur la route à Jeddah à un feu rouge. Il a été arrêté et transféré devant la justice saoudienne.

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Malgré une chorégraphie endiablée et enthousiaste, un jeune garçon a été arrêté en Arabie saoudite après avoir dansé la Macarena, le tube des années 1990, en plein milieu de la route à Jeddah. La vidéo diffusée samedi 19 août montrant l’adolescent se déhancher a provoqué les critiques mais aussi le soutien de nombreux internautes.

ACTUALISATION 23/08 17:20 : Le ministère de l’Intérieur saoudien a annoncé mercredi après-midi la libération de l’adolescent, précisant qu’aucune accusation n’a été portée contre lui. Selon la même source, il a été auditionné en présence de son père lundi, puis relâché après s’être engagé par écrit à "ne plus adopter aucun comportement qui mettrait sa vie et celle des automobilistes en danger".

Les autorités de la région de La Mecque ont annoncé mardi 22 août l’arrestation d’un jeune homme "qui dansait devant les voitures d’un feu rouge à Jeddah. Il a été déféré devant le procureur" selon leur compte Twitter officiel. Le tweet a été supprimé à la mi-journée, mais en voici une copie d'écran ci-dessous.

Pendant 45 secondes, on voit un jeune homme hilare avec un casque sur la tête danser devant les véhicules. Selon le journal Sabaq, le porte-parole de la police saoudienne a confirmé après ouverte d’une enquête avoir arrêté le garçon agé de 14 ans pour "entrave à la circulation "et pour avoir "commis une atteinte à l’ordre public ". Il n’a cependant pas donné plus de précision sur sa nationalité et la date de la danse improvisée.

Que risque-t-il ?

En Arabie saoudite, quand un cas d'atteinte à l’ordre public est jugé sans gravité, la police relâche rapidement l’accusé, après lui avoir fait signer une lettre dans laquelle ce dernier s’engage à ne plus recommencer, sous peine de poursuites pénales. La décision de déférer le jeune de Jeddah au tribunal a donc étonné plusieurs internautes.

Pas certain cependant que le jeune homme soit réellement inculpé pour ces faits, le code pénal ne prévoyant pas de sanction précise pour les mineurs et laissant à l’appréciation des juges la décision.

Flots de soutiens et de critiques

La danse d’apparence anodine a provoqué, comme c’est souvent le cas sur le sujet de la danse en Arabie saoudite, de nombreuses réactions.

Certains affirment que c'est un exemple de dépravation :

Cet internaute dit : "Il faut faire prendre conscience aux jeunes qui entrent dans la puberté qu’il y a des règles a respecter."

"L’adolescent a été arrêté parce qu’il fallait qu’il soit corrigé. Les rues ne sont pas des endroits pour secouer le popotin…" affirme celui-là.

"Il n’aurait pas dû se comporter de la sorte, même si le feu était au rouge. Il aurait pu causer des accidents (...)" peste celui-ci.

D’autres estiment "courageux" l’acte du jeune homme

"Partout dans le monde, les gens dansent en groupe dans la rue pour s’amuser. Le gamin de Jeddah n’a rien fait de mal. Il était enjoué" explique ce twitto.

"Dans les autres pays, quand vous faites ce genre de chose, les gens vous remercient." explique cet internaute en montrant une performance à un feu rouge.

"Ce n’est qu’un gamin (…). Il n’a fait de mal à personne. Vous feriez mieux de vous en prendre plutôt aux harceleurs sexuels, messieurs les procureurs" explique cet utilisateur.

Danser un public en Arabie saoudite, un art parfois difficile

Le 5 août dernier, le célèbre chanteur saoudien Abdallah Al Shahani avait suscité les critiques lors d’un festival de musique dans la ville de Taif, pour avoir fait un "dab "durant son concert – mouvement consistant à placer son visage dans le coude en pointant le ciel avec son autre bras, très populaire depuis 2016, notamment chez les célébrités sportives. Il avait été brièvement arrêté quelques jours plus tard par la police.

Le lendemain, la Commission nationale de lutte contre la drogue en Arabie saoudite avait posté un tweet avec une image expliquant que le "dab" était un geste interdit dans le Royaume car il faisait référence "à l’utilisation de la marijuana".

Pourquoi il ne faut pas faire de "dab" en Arabie Saoudite

L’explication avait effectivement été donnée par le rappeur américain Bow wow en 2012, mais son interprétation avait été jugée fantasque et critiquée par d’autres rappeurs.