MAROC

VIDEO – Récit en images amateurs des affrontements à Al-Hoceima

Captures d'écran de vidéos de la manifestation, publiée le 20 juillet 2017 sur Facebook.
Captures d'écran de vidéos de la manifestation, publiée le 20 juillet 2017 sur Facebook.

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Appelés par leur leader emprisonné à manifester ce jeudi 20 juillet, les membres du mouvement Hiraz, au Maroc, ont dû se résoudre à un défilé épars compte-tenu de la répression des forces de l’ordre. Les autorités avaient interdit cette manifestation et installé des barrages aux entrées de la ville en prévention. Mais les activistes ont persévéré et ont été arrêtés en nombre.

Retour sur la manifestation en images amateurs. 

Sur la place Mohammed VI, aussi appelée place des martyrs, pas un seul manifestant et des dizaines de policiers étaient sur leurs gardes en début d’après-midi.

À quelques dizaines de mètres, des groupes de personnes résolues à manifester ont tenté de s’approcher. Mais la foule, scandant "Libérez Zefzafi !" ou "Vive le Rif, vive Zefzafi !" a rapidement été contenue par les forces anti-émeutes.

Les manifestants ont finalement formé, tout au long de la soirée, des petits groupes dans les rues du centre-ville.

Quelques échauffourées avec la police ont alors éclaté, faisant des blessés des deux côtés. Tous les manifestants interrogés par la rédaction des Observateurs de France 24 ont rapporté un usage massif de gaz lacrymogène et un réseau internet 3G et 4G quasi-totalement coupé.

Le lendemain, les autorités ont annoncé dans un communiqué que 300 à 400 personnes avaient participé à la manifestation "illégale". Elles ont par ailleurs précisé que 11 manifestants et 72 policiers avaient été blessés. Parmi eux, un jeune militant grièvement touché était toujours dans le coma au moment de la publication de cet article.

Une porte-parole du mouvement, Nawal Ben Aissa, a été frappée au ventre par les forces de l’ordre et le responsable d’un site d’information local, Hamid Al-Mahdaoui, a été arrêté.

Depuis octobre 2016, les activistes du Hirak sont dans la rue

Le mouvement Hirak est né en octobre 2016 après la mort du vendeur de poisson Mouhcine Fikri, tué accidentellement alors qu’il tentait de récupérer ses marchandises dans une benne à ordures. Des manifestations ont alors éclaté dans cette région du nord du pays, que nombre de ses habitants jugent défavorisée et délaissée par les institutions publiques.

L’ État a promis des investissements et des chantiers d’infrastructures, mais n’a pas réussi à convaincre les habitants.

Par ailleurs, de nombreuses figures du mouvement ont été arrêtées en mai dernier. Le leader Nasser Zefzafi a notamment été emprisonné le 29 mai, tandis que la figure féminine Sylia Ziani et le numéro deux du mouvement, Nabil Ahamjik, ont été placés en détention le 5 juin.

Selon le dernier bilan officiel, 176 personnes ont été placées en détention depuis le début du mouvement.