MAROC

Maroc : des manifestants du Rif défient la police… en maillot de bain sur la plage

Capture d'écran montrant des activistes d'Al-Hoceïma manifester sur une plage.
Capture d'écran montrant des activistes d'Al-Hoceïma manifester sur une plage.

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Des dizaines de policiers anti-émeute se sont déployés sur une plage près de la ville marocaine d’Al-Hoceïma, dimanche 2 juillet, pour disperser des manifestants venus réclamer la libération des détenus du Hirak, le mouvement de contestation qui se secoue la région du Rif depuis huit mois. Manifestants en maillot de bains contre policier en tenue anti-émeute : les images, plutôt cocasses, ont été beaucoup partagées sur les réseaux sociaux.

Empêchés d’investir les rues d’Al-Hoceïma par un important déploiement policier, des dizaines de contestataires ont tenté de contourner ce dispositif en allant manifester en maillot de bain sur la plage.

Sur cette vidéo, on voit des manifestants marcher sur la plage de Sfiha, à l’est d’Al-Hoceïma. "Elle est où, la liberté ? Elle est où, la justice ? Libérez les détenus du Hirak", scandent-ils, entre autres slogans.

Dans cette autre vidéo, on voit les forces anti-émeute en rang pour empêcher les contestataires d’avancer. Armés de boucliers et de matraques, certains policiers font même quelques pas dans l’eau pour bloquer les manifestants.

Plus tard dans la soirée, des militants ont annoncé que le dispositif policier avait été partiellement levé dans les rues d’Al-Hoceïma. Les forces anti-émeute se sont retirées notamment de la place Mohammed VI et ont regagné leur caserne à la sortie de la ville, comme le rapporte le site d’informations Yabiladi.

Région réputée frondeuse, la province du Rif est le théâtre de manifestations récurrentes depuis la mort, fin octobre 2016, d’un vendeur de poissons, broyé accidentellement dans une benne à ordures. Mené par un groupe de militants locaux, le Hirak réclame le développement de la région, qu’il estime "marginalisée".

Plusieurs meneurs de la contestation ont été arrêtés par les autorités, comme Nasser Zefzafi, un chômeur de 39 ans devenu la figure de proue du mouvement, interpellé le 29 mai et incarcéré à Casablanca.