IRAK

Mossoul : des Irakiens affluent de tout le pays pour fêter la (presque) défaite de l’EI

À Mossoul, la fête de l'Aïd el-Fitr a été célébrée avec des feux d'artifice, ce mardi 27 juin. Source Twitter.
À Mossoul, la fête de l'Aïd el-Fitr a été célébrée avec des feux d'artifice, ce mardi 27 juin. Source Twitter.

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Alors que les combats se poursuivent pour déloger les combattants de l’organisation État islamique des derniers quartiers encore sous son emprise, des activistes et des célébrités venus des quatre coins de l’Irak ont organisé une fête gigantesque pour célébrer l’Aïd el-Fitr – la fin du Ramadan – mardi 27 juin Mossoul. Un pied de nez à l’organisation jihadiste, qui ne contrôlerait aujourd’hui plus qu’un petit périmètre d’un kilomètre carré dans la deuxième ville irakienne.

Les forces irakiennes ont annoncé jeudi avoir pris le contrôle de la mosquée al-Nouri où Abou Bakr al-Baghdadi avait donné en juillet 2014 son premier prêche en tant que chef de l'EI. Toutefois, quelque 350 jihadistes seraient encore retranchés dans ce secteur de la vieille ville, leur dernier bastion situé sur la rive ouest du Tigre.

Les forces irakiennes étaient parvenues en janvier à reprendre la partie est de la ville, après plus de cent jours de combats.

C’est dans cette zone que des centaines de personnes venues notamment de la capitale Bagdad, de la province de Bassorah et de celle de Maysan se sont rassemblées mardi pour célébrer l’Aïd el-Fitr.

Les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent des scènes de liesse, encore difficile à imaginer il y a trois mois. Sur les images ci-dessous, des centaines de personnes sont réunies avec des drapeaux, sur les tribunes de la place des fêtes de la ville pour assister à un grand feu d’artifice.

Dans cette autre vidéo, des dizaines de personnes se sont agglomérées devant l'un des bâtiments endommagés de l’université de Mossoul, et entonnent, fleurs à la main, une chanson patriotique, écrite en 1934 en Palestine, et que se sont appropriée plusieurs peuples arabes, dont les Irakiens.

"On a mis les hauts parleurs à fond pour narguer les jihadistes"

Saleh Lyes est l’un des instigateurs de la manifestation, baptisée "La Caravane de la liberté".

L’idée était de faire venir des personnalités issues de la société civile, des artistes et des journalistes pour passer une fête de l’Aïd solidaire avec la population de Mossoul.

En tout, nous avons fait venir plus de 200 personnes de différentes provinces du pays. Mohamed Al-Daradji, l’un des plus importants réalisateurs de cinéma, a notamment fait le déplacement.

À leur arrivée, ils ont fait une visite de l’université de Mossoul, et lancé des appels aux dons pour sa reconstruction. Ils ont aussi ramené environs 3 000 ouvrages qu’ils ont offert à la bibliothèque de l’université.

>> À LIRE SUR LES OBSERVATEURS : "À Mossoul, reconstruire l’université sous les tirs de mortier des jihadistes"

Organiser une fête à proximité de la zone de combats était un vrai défi pour nous, car le lieu des festivités est encore à portée de tirs des jihadistes.

On a mis les haut-parleurs à fond, pour qu’ils nous entendent chanter et nous amuser. On voulait les narguer. Heureusement, il n’y a eu aucun incident.

Depuis l’estrade qu’on a installée, on pouvait d’ailleurs voir les colonnes de fumée s’élever de la vieille ville, et entendre les avions qui pilonnaient la zone.

Nos pensées vont aux centaines de civils qui sont toujours pris au piège des combats [selon l’ONU, ils seraient encore plusieurs dizaines de milliers retenus par le groupe État islamique, NDLR]. On prie pour eux."