MAROC

Maroc : Les manifestants du Rif dispersés à coups de matraque le jour de l'Aïd el-Fitr

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La tension ne faiblit pas dans le Rif Marocain. Lundi 26 juin, des dizaines de manifestants sont sortis dans les rues d’Al-Hoceïma pour réclamer la libération des détenus du "hirak", le mouvement de contestation qui secoue cette ville du nord du Maroc depuis huit mois. Mais munis de gourdins, les forces de l’ordre ont brutalement dispersé les contestataires.

Le mouvement de contestation avait appelé à un grand rassemblement pour marquer l’Aïd el-Fitr, au lendemain d’une déclaration du roi Mohammed VI qui a critiqué son gouvernement pour les lenteurs de la mise en œuvre des projets de développement dans la région.

Sur ces images, des centaines de manifestants marchent dans les rues d’Al-Hoceïma.

Pour empêcher les habitants des localités voisines de rallier les manifestants, la police a bloqué tous les accès à Al-Hoceïma. Dans cette vidéo, on voit des citoyens venus de la ville de Nador protester contre des policiers qui leur ont demandé de rebrousser chemin.

À Al-Hoceïma, des centaines de manifestants sont toutefois parvenus à se rassembler vers 17 heures, selon des témoins cités par l’AFP. Mais les forces de l’ordre les ont brutalement dispersés.

Sur cette vidéo qui circule sur les réseaux, on voit les policiers charger les manifestants qui s’enfuient en courant. Vers 0’46’’, on voit même un policier frapper un manifestant à terre avec sa matraque.

Dans la localité d’Ajdir, près d'Al-Hoceima, des témoignages font état d’affrontements avec les forces de l’ordre, qui auraient fait plusieurs blessés.

Ces images filmées à Ajdir sont floues. On distingue toutefois un policier jeter un projectile en direction d’un manifestant qui est en train de le filmer (0’16’’).

Région réputée frondeuse, la province du Rif est le théâtre de manifestations récurrentes depuis la mort, fin octobre 2016, d’un vendeur de poissons, broyé accidentellement dans une benne à ordures. Mené par un groupe de militants locaux, le "hirak" réclame le développement de la région qu’il estime "marginalisée".

Chaussures brandies, des contestataires ont pris à partie un imam lors de la prière de l’Aïd el-Fitr, lundi.

Ils l'accusent d’être inféodé au gouvernement.

Plusieurs meneurs de la contestation ont été arrêtées par les autorités. Nasser Zefzafi, un chômeur de 39 ans devenu la figure de proue du mouvement ces derniers mois, a été arrêté le 29 mai et incarcéré à Casablanca.

Pour mettre fin à la crise, l'État marocain a relancé ces derniers mois un vaste programme de projets d'infrastructures. Mais le roi Mohammed VI a vivement critiqué dimanche ses ministres pour la "non exécution" de ces projets "dans les délais impartis", et ordonné une enquête pour déterminer les responsabilités.