QATAR

Au Qatar, des supermarchés dévalisés par peur d'une pénurie

Les rayons d'un supermarché à Doha, le 5 juin 2017. Crédit : Storyful
Les rayons d'un supermarché à Doha, le 5 juin 2017. Crédit : Storyful
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Alors que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Yémen, l’Égypte et les Maldives ont annoncé un blocus contre le Qatar lundi 5 juin, les habitants de la petite monarchie se sont rués dans les supermarchés pour faire le plein de provisions, redoutant les pénuries. Sur les réseaux sociaux, les photos de rayons vides témoignent de ce mouvement d’inquiétude.

Riyad et ses alliés ont rompu, lundi, leurs relations diplomatiques avec le Qatar, l’accusant de financer le terrorisme et d’être complaisant avec l’Iran.

Le Qatar a pour seul voisin terrestre l’Arabie saoudite. Et donc la majorité des produits alimentaires qu’on y trouve provient du royaume wahhabite, via une route fréquentée chaque jour par près de 800 camions. Selon le cabinet d’analyse Future Directions, le Qatar importe 100 % de ses céréales et huiles, 93 % de sa viande, 86 % de ses fruits et 83 % de ses légumes, rapporte Russia Today.

Cette forte dépendance à son voisin a provoqué l’inquiétude des Qataris et des nombreux étrangers vivant dans le pays. Dans certains supermarchés de la capitale Doha, les rayons de lait, de riz, de viande et de fruits et légumes ont été vidés en quelques heures par des clients apeurés.

 

Des rayons de supermarché vides à Doha, au Qatar. Crédit : Anonyme via Storyful

 

 

Les rayons d'une supérette de Doha photographiée par un Français vivant au Qatar. Photos publiées sur Twitter le 5 juin 2017.

 

 

"J'ai reçu ces photos d'un supermarché au Qatar", explique cet internaute sur Twitter.

 

 

Ruée sur tout ce qui est importé d’Arabie saoudite

 

"Les employés de [l’antenne de] l’université de Georgetown basés ici (à Doha) ont reçu des déclarations officielles leur demandant de faire des stocks d’eau et de nourriture", a expliqué à Arab News Al-Fassi, un professeur de l’université du Qatar.

"Mon épouse a été faire des courses, et elle m'a dit que les rayons étaient dévastés. Ça fait un peu un effet de panique. (…) Les gens se sont rués sur les rayons de tout ce qui est importé via l'Arabie saoudite, puisque la vanne va être fermée, et qu'il n'y aura plus rien qui rentrera durant une période indéterminée. (…) On suppose que les grandes surfaces vont achalander à nouveau dans les jours qui viennent. Mais ils vont devoir faire ça avec parcimonie pour pouvoir étaler dans le temps leur disponibilité", raconte Roch, un résidant belge au Qatar, à RTL Info.

Le gouvernement qatari a rappelé dans un communiqué que "les espaces marins et aériens restaient ouverts à l’importation et aux déplacements" et a affirmé que la fermeture de la frontière n’aurait pas d’impact sur la vie quotidienne des citoyens et résidents. Il a ajouté qu’il "prendrait toutes les mesures nécessaires pour (...) mettre en échec les tentatives de nuire à sa population et son économie".

Selon un internaute résidant au Qatar, un supermarché au moins serait néanmoins resté plein malgré l’épisode de panique qui a soufflé sur la population.

 

Cet internaute vivant au Qatar tient à préciser sur Twitter que les supermarchés dévalisés ne sont pas la norme au Qatar. 

 

 

Avec un revenu annuel moyen par habitant de 138 480 dollars en 2015 et d’importants investissements faits par le Qatar à l’étranger, les analystes estiment peu probable la perspective d’une véritable pénurie. Mais les projections économiques ne sont pas positives pour autant : la bourse de Doha a terminé sa journée de lundi en baisse de 8 %, rapporte Le Monde.