PAYS-BAS

De jeunes Syriens multiplient les actions pour s'intégrer aux Pays-Bas.

Lors d'une séance de jardinage à Amsterdam. Des réfugiés interviennent bénévolement chez des Hollandais. Photo: "Volontaires Syriens aux Pays-Bas"/mars 2017
Lors d'une séance de jardinage à Amsterdam. Des réfugiés interviennent bénévolement chez des Hollandais. Photo: "Volontaires Syriens aux Pays-Bas"/mars 2017

Publicité

Donner des cours, jardiner, organiser des diners ou des concerts dans un but : créer des liens entre réfugiés et Hollandais. C’est le pari du groupe "Volontaires Syriens aux Pays-Bas" créé en 2015 par de jeunes Syriens désireux d’agir pour mieux s’intégrer à leur nouvelle société d’accueil.

Aujourd’hui, les "Syriens volontaires aux Pays-Bas " sont une association qui compte près de 600 bénévoles, réfugiés et Hollandais. Mohammed Badran, l’un des fondateurs, a même participé au Sommet des Nations Unies pour les réfugiés et les migrants le 19 septembre 2016. 

Ce réfugié syrien d’origine palestinienne a fui la guerre en Syrie en 2013 et a trouvé l’asile aux Pays-Bas. Après avoir travaillé dans un restaurant turc pour subvenir à ses besoins et apprendre la langue, il a eu envie de créer des initiatives avec ses amis syriens, afin de multiplier les occasions d’échanges avec les Hollandais et montrer que les réfugiés peuvent apporter une contribution positive au pays.

"Nous voulions prouver la capacité des réfugiés à être actifs dans la société"

Mohammed Badran est aujourd’hui membre du conseil d’administration de l’association "Volontaires syriens aux Pays-Bas " aux côtés de trois Hollandais.

Au début, nous avons commencé par intervenir dans des centres d’accueil pour réfugiés à Amsterdam, où la Croix Rouge et d’autres associations néerlandaises étaient déjà actives. Nous leur avons proposé de l’aide, pour les traductions par exemple. Ce n’était pas toujours facile de collaborer avec d’autres bénévoles. Nous avions l’impression qu’ils avaient eux aussi des préjugés sur les réfugiés. Nous voulions leur prouver que les réfugiés peuvent être actifs dans la société. Nous ne sommes pas seulement des victimes. Nous avons organisé des échanges sur nos langues, nos cultures.

Un bus pour donner des cours d'arabe ?

Par la suite, nous avons souhaité multiplier les liens avec les Hollandais. Nous avons imaginé des projets communs, comme l’embellissement des jardins privés de maisons à Amsterdam.

Tous les lundis, "l’équipe verte" constituée de bénévoles viennent prendre soin des plantes des jardins, de personnes âgées par exemple, qui ne peuvent plus jardiner. Nous avons même organisé des cours pour que les bénévoles améliorent leur connaissance du jardinage.

Photo prise lors du jardinage d’un des jardins par les volontaires à Amsterdam en octobre 2016.

Nous organisons également des dîners, chaque semaine, pour réunir réfugiés et population locale, en collaboration avec l’association hollandaise "Haven Diners". Nous choisissons des lieux assez grands pour cuisiner et dîner tous ensemble.

Nous avons d’autres projets en tête qui pourraient être lancés prochainement, comme ce bus qui parcourait Amsterdam pour donner à bord des cours en langue arabe et néerlandaise. Ce serait amusant de voir le paysage changer autour de soi en apprenant.

Devant l'ONU

En septembre 2016, j’ai participé au Sommet des Nations Unies pour les réfugiés et les migrants. Nous tenions à ce que les réfugiés et migrants soient associés à l’événement. Nous avons donc lancé une campagne sur les réseaux sociaux les invitant à se faire entendre avec le hashtag #Refugees take action. L’idée était de secouer la communauté internationale et trouver une solution à la crise des migrants.Ma participation à ce sommet était intéressante, mais je crains qu'il ne se concrétise vraiment sur le terrain. Nous continuerons à inviter les jeunes à agir.

Article initialement publié par la rédaction des Observateurs dans le cadre du projet InfoMigrants