UKRAINE

EN IMAGES – Tchernobyl abandonnée après la catastrophe nucléaire

Des manuels scolaires recouvrent le sol d'un ancien lycéen. Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky
Des manuels scolaires recouvrent le sol d'un ancien lycéen. Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky

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Notre Observateur a pu aller en Ukraine en juin dernier pour visiter l'un des endroits les plus radioactifs au monde. Trente-et-un ans après l’explosion de la centrale nucléaire, il s’est rendu dans la zone d’exclusion autour de Tchernobyl et nous a envoyé ses photos.

La plus grande catastrophe nucléaire de tous les temps est survenue le 26 avril 1986, lors d’un test dans le réacteur numéro 4 de cette centrale du nord de l’Ukraine. Celui-ci a explosé, libérant dans l’atmosphère des particules radioactives 100 fois plus nombreuses que lors du largage des bombes nucléaires américaines à Hiroshima et Nagasaki en 1945. Ces particules se sont ensuite répandues dans la plupart des pays européens.

Les controverses courent toujours quant au nombre de personnes tuées après l’accident. Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé publié en 2006, "le nombre de morts causées par cet accident ne sera probablement jamais connu". Un ouvrier a été tué lors de l’explosion initiale et 28 autres sont morts de syndrome d’irradiation aigüe par la suite.

Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky

Après l’explosion, les autorités soviétiques de l’époque avaient déclaré inhabitables les zones situées à moins de 30 kilomètres de la centrale. Les populations locales avaient été déplacées dans ce qui était encore l’URSS. Cette zone, aujourd’hui appelée "zone d’exclusion ", s’est peu à peu transformée en un champ de ruines, figé dans le temps. Dans les écoles, les livres des enfants sont toujours là, de même que les aires de jeu et les doudous dans les crèches. Lors de l’évacuation, les habitants n’ont pas été autorisés à prendre avec eux des objets potentiellement contaminés.

Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky

Après l’évacuation, certains sont revenus. Quelques 200 personnes se sont réinstallées et ont donc bravé l’interdiction du gouvernement ukrainien, justifiée par les risques sanitaires importants liés aux radiations.

Aujourd’hui, des agences touristiques proposent des circuits balisés dans certains endroits de la zone, loin de là où se sont réinstallés certains habitants. Tchernobyl a été officiellement déclarée "zone touristique" en 2011 et accueille plus de 10 000 visiteurs chaque année.

Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky

Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky

Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky

Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky

Paul-Matthew Zamsky est un photographe basé à New-York. Il a visité la zone d’exclusion de Tchernobyl en 2016 et a pris des clichés des sites abandonnés.

“Cet endroit est marqué par une vraie tristesse”

Je voulais aller à Tchernobyl depuis longtemps. En tant que photographe, c’est selon moi l'un des endroits les plus saisissants qu’on puisse visiter.

Les radiations n’ont ni goût ni odeur, mais on y pense comme des choses menaçantes. Je m’attendais à y aller et à ressentir quelque chose, à sentir que l’endroit était contaminé, que quelque chose de terrible s’était produit. Mais, en fait, quand vous êtes sur place vous oubliez la radioactivité parce que l’endroit est calme et paisible. C’est en fait un bel endroit, où la nature a repris le dessus.

Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky

Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky

Ce qui m’a frappé dans cette expérience est un sentiment d’espoir pour l’humanité que j’ai ressenti. L’espoir que malgré cette tragédie, nous avions été capables, en quelques mois, d’entrer dans cet endroit, de retirer ces monstres d’ingéniosité et de construire un sarcophage pouvant contenir le réacteur qui a fui. Les gens se sont portés volontaires, au péril de leur vie, pour le contenir la fuite.

Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky

Un système de radars soviétiques Douga-3 à l'abandon. Crédit photo : Paul-Matthew Zamsky

“Des villes qui n’existent plus aujourd’hui”

C’est une expérience surréaliste d’y être parce que l’endroit a été tellement photographié. Certaines des icônes, des images et des monuments sont très reconnaissables, et maintenant vous les avez devant les yeux. Rien n’a été altéré. Il y a une tristesse dans cet endroit. Vous pouvez voir que la vie des gens a été interrompue, qu’il y a les noms de villes qui n’existent plus aujourd’hui parce qu’elles ont été abandonnées.