GAMBIE

En images : un week-end "de renouveau et d’euphorie" en Gambie

Dans les rues de Banjul, de plus en plus de personnes se sont mises à vendre des t-shirts #Gambiahasdecided, pour célébrer le changement de chef d’État .
Dans les rues de Banjul, de plus en plus de personnes se sont mises à vendre des t-shirts #Gambiahasdecided, pour célébrer le changement de chef d’État .

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Après avoir dirigé la Gambie d’une main de fer pendant 22 ans, Yahya Jammeh a accepté de quitter le pouvoir et s’est envolé pour la Guinée équatoriale samedi 21 janvier. Selon notre Observateur à Banjul, le week-end a été marqué par une atmosphère enthousiaste.

Des centaines de Gambiens sont descendus dans les rues de la capitale pour célébrer le changement de chef d’État jeudi 19 janvier. Le lendemain, Yahya Jammeh a accepté de céder sa place à tête du gouvernement et de quitter le pays à la suite d'une ultime médiation des présidents mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et guinéen Alpha Condé.

"Dans les rues, trois personnes sur cinq ont des t-shirts ‘#GambiahasDecided’"

Pour notre Observateur à Banjul, les habitants savourent le retour progressif de leur liberté d’expression.

Peu de temps après l’annonce du départ de Yahya Jammeh, vendredi soir, plusieurs groupes de personnes sont sortis dans les rues pour vendre des t-shirts avec le slogan des partisans du changement de régime : "#GambiahasDecided" ["La Gambie a décidé"]. Et samedi, ça a continué… à tel point que sur cinq personnes se baladant dans Banjul, je dirais qu’au moins trois portaient des t-shirts célébrant cette libération !

Des vendeurs de t-shirts #GambiaHasDecided dans les rues de Banjul. Photo envoyée par notre Observateur. 

Des vendeurs de t-shirts #GambiaHasDecided dans les rues de Banjul. Photo envoyée par notre Observateur.

C’est un signe important parce qu’une semaine auparavant, on pouvait être arrêté si l’on portait ce genre de t-shirt ou si on en imprimait…Il était également impossible d’acheter ce t-shirt dans la rue, il fallait se cacher pour s’en procurer un. Maintenant, les gens n’ont plus peur de montrer qu’ils sont heureux de ce changement de régime. Certains portent même des badges "Adama Barrow". Des milliers de t-shirts ont dû se vendre ce weekend ! D’ailleurs, c’est même devenu un trafic : un t-shirt coûte près de 3 euros, ce qui est très cher.

Des badges à l'effigie d'Adama Barrow sont également vendus dans la rue. 

"Pas d’amnistie pour Jammeh !"

Avant que l’ex-président ne prenne l’avion dans la soirée, plusieurs personnes se sont également rassemblées pour scander "Pas d’amnistie pour Jammeh!".

Ils voulaient ainsi interpeller la communauté internationale et le nouveau gouvernement pour qu’ils engagent des procédures contre lui pour les disparitions forcées constatées pendant son mandat et sa mauvaise gestion du pays. Il s’agissait également de mettre en garde contre ce que Jammeh pourrait emmener avec lui en quittant le pays. [Dimanche 22 janvier, un proche conseiller du nouveau président gambien Adama Barrow a accusé l’ex-chef de l'État d’avoir volé des millions de dollars au gouvernement, avant son départ, NDLR].

Dans la soirée, des convois ont ensuite traversé la ville à toute vitesse en direction de l’aéroport…[Ils transportaient très probablement Yahya Jammeh, qui a quitté le pays peu après que l'ami de notre Observateur a tourné cette vidéo, NDLR].

"Les habitants achètent de nouveau les journaux"

Le dimanche en fin d’après-midi, les troupes sénégalaises de la coalition de la Cédéao pour la Gambie sont entrées à Banjul. Elles ont été acclamées par la foule, on entendait des klaxons de voiture et sur le bord de la route certains jouaient du tam-tam.

 

Les journaux se sont mieux vendus ce week-end selon notre Observateur. Photo envoyée par notre Observateur.

Depuis ce lundi matin, les journaux se vendent bien. D’ailleurs à midi, il n’y en avait quasiment plus ! Sous Jammeh, les journaux ne relayaient que les informations officielles, ce n’était pas du tout intéressant et peu de gens les achetaient. La presse était muselée. Maintenant, on a le sentiment que les journalistes ont retrouvé un peu de liberté d’expression et beaucoup achètent les journaux en se disant qu’ils vont y trouver quelque chose de plus intéressant. C'était un week-end d'euphorie et de renouveau...

Le nouveau président, Adama Barrow, était ce lundi 23 janvier toujours au Sénégal. Il y est accueilli depuis le 15 janvier, à la demande de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui craignait pour sa sécurité pendant les derniers jours du mandat de Yahya Jammeh.

Après son investiture le 19 janvier, à l’ambassade gambienne de Dakar, il devrait annoncer dans la semaine son retour. Bien que Yahya Jammeh ait quitté le pays, les conditions de sécurité restent encore insuffisantes, selon un conseiller du nouveau président.