BURKINA FASO

Casser les clichés : apprendre le codage dans une zone rurale du Burkina Faso

Ghislain forme des jeunes de Titao, au Burkina Faso, aux nouvelles technologies. Photo envoyée par notre Observateur.
Ghislain forme des jeunes de Titao, au Burkina Faso, aux nouvelles technologies. Photo envoyée par notre Observateur.

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Former les enfants aux nouvelles technologies dans des zones isolées et où les écoles sont souvent très peu équipées, c’est le défi que s’est donné un groupe d’informaticiens ivoiriens. Après avoir ouvert un laboratoire numérique destiné aux enfants dans le quartier populaire d’Abobo à Abidjan, ils ont étendu leur "baby lab" dans la ville de Titao, dans le nord du Burkina Faso.

En septembre 2014, sept amis informaticiens ont ouvert le premier "Fab Lab" d’Abidjan, ("fabrication laboratory" en anglais), un espace visant à favoriser le partage et la transmission des savoirs dans des zones où l’accès au numérique est très limité. Tous les jours, des professionnels offrent aux enfants du quartier d’Abobo, des ateliers d’initiation au codage et à la programmation de petits robots.

>> À lire aussi : Le "lab" d’Abidjan qui s’attaque à la fracture numérique

"Je voudrais faire en sorte que les zones populaires ou rurales deviennent des pôles d’innovation !"

L’un des co-fondateurs, Ghislain Dessieh, a recontacté les Observateurs de France 24 pour donner des nouvelles de son projet, qui se développe maintenant à l’étranger. Contacté par l’association française, "Pour un autre monde", il organise désormais des ateliers numériques à Titao, une ville isolée, située à 230 km de la capitale Ouagadougou.

Dans le "baby lab" d’Abobo, nous accueillons surtout des enfants en voie de tomber dans la délinquance. C’est un quartier urbain, mais très populaire. Grâce à l’association "Pour un autre monde", nous pouvons maintenant nous implanter aussi en zone rurale, où l’accès aux nouvelles technologies est encore plus limité.

Lors d'un atelier à Titao. Photo envoyée par notre Observateur. 

Je me suis rendu un mois en octobre 2016 à Titao, au Burkina Faso pour organiser des cours d’initiation au numérique. Je vais bientôt y retourner dans le but de former des ingénieurs locaux, qui pourront organiser par la suite des ateliers réguliers, comme nous le faisons à Abidjan. J’aimerais que nous devenions le premier "Fab Lab" destiné aux enfants d’Afrique de l’Ouest, avec des antennes dans plusieurs pays.

Démontage d'un ordinateur. Photo envoyée par notre Observateur.

Ce déplacement à Titao m’a permis de faire connaissance avec une fille de 15 ans, Amandine Ouedraogo. Comme 90 % des enfants de Titao, elle n’avait jamais touché à un ordinateur de sa vie. Pourtant, au bout de la troisième séance, elle a réussi à monter un ordinateur "jerry" à partir de pièces récupérées de deux ordinateurs qui ne marchaient plus et d’un bidon.

Amandine monte un jerry. Photo envoyée par notre Observateur.

Je leur ai ensuite fait une séance d’initiation au code informatique. Le but était de programmer de petits robots. Là encore, elle s’est débrouillée très rapidement. Elle m’a expliqué vouloir devenir journaliste, alors je l’ai également aidée à ouvrir un blog.

Petit robot à programmer. Photo envoyée par notre Observateur. 

L’exemple de cette fille m’a marqué : dans ces zones rurales isolées, beaucoup d’enfants, surtout les filles, finissent leurs études assez rapidement. Les salles de classe sont souvent mal équipées et les enfants y apprennent des connaissances parfois un peu dépassées. Je veux prouver qu’on peut aider les plus jeunes à être bien formés et que la démocratisation de l’accès aux nouvelles technologies est primordiale pour que ces générations soient plus tard les journalistes ou les scientifiques de l’Afrique de l’Ouest.

Des adolescents participent à l'un des ateliers de Ghilsain. Photo envoyée par notre Observateur.

Je voudrais casser les clichés sur les zones populaires et rurales et faire en sorte qu’elles deviennent des pôles d’innovation !

Après un an seulement d’existence, l’équipe a reçu son premier don informatique de Société générale en Côte d’Ivoire. Puis, à la suite d’une visite de la secrétaire d’État française au numérique et à l’innovation, Axelle Le Maire, en septembre 2015, ils ont également obtenu une subvention de l’État français de 10 000 euros.

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