Etats-Unis

"Pas de Noirs sur le trottoir" : des étudiants texans répondent en bloc à des propos racistes

Mobilisation sur le campus de l'Université de Baylor, au Texas, suite aux propos racistes adressés à une étudiante noire. Capture d'écran d'une vidéo publiée sur Twitter par @efemena.
Mobilisation sur le campus de l'Université de Baylor, au Texas, suite aux propos racistes adressés à une étudiante noire. Capture d'écran d'une vidéo publiée sur Twitter par @efemena.

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Près de 300 étudiants se sont réunis sur le campus de l’université de Baylor, au Texas, pour accompagner l’une de leur camarade, Natasha Nkhama, jusqu’à sa salle de classe vendredi dernier. Leur but : lui témoigner leur solidarité après l’agression raciste dont elle a été victime sur le campus le lendemain des élections américaines.

Dans une vidéo publiée sur Twitter par l’une de ses amies, Natasha Nkhama a raconté ce qui lui était arrivé mercredi 9 novembre alors qu’elle marchait sur le campus.

"Sur le chemin pour me rendre en cours, ce type […] est venu me pousser hors du trottoir", explique-t-elle dans la vidéo. "Il m’a dit qu’aucun noir n’était autorisé à marcher sur le trottoir." "J’étais hyper choquée, je n’avais pas de mots", ajoute-t-elle.

Selon elle, son agresseur, interpellé par un autre étudiant qui passait à côté, aurait répliqué : "I’m just trying to make America great again !" ["J’essaie juste de rendre l’Amérique sa grandeur"], une référence au slogan de Donald Trump, qui venait d’être élu président des États-Unis.

Son témoignage a rapidement fait le tour du campus, et les étudiants se sont mobilisés via les réseaux sociaux avec le hashtag #IWalkWithNatasha ["Je marche avec Natasha"] pour l’accompagner jusqu’à sa salle de cours vendredi matin. Des professeurs ont également quitté leurs cours plus tôt pour participer au rassemblement.

"Les gens ont désormais l’impression qu’ils ont le droit d’être racistes"

Natasha Nkhama s’est exprimée devant la foule venue la soutenir : "Je voudrais qu’on sache que Baylor est le campus de l’amour […] et je voudrais vous inciter à continuer à dénoncer ce type d’agissements." Elle a également adressé quelques mots à son agresseur : "Je prie pour toi, et je t’aime."

Interviewée dans une émission de la BCC sur le thème "L’élection de Trump a-t-elle changé les États-Unis ?" lundi 14 novembre, Natasha Nkhama a répondu : "Les gens ont désormais l’impression qu’ils ont le droit d’être racistes."

Dans un communiqué, l’administration de l’université de Baylor a affirmé que ces actes ne reflétaient en rien les valeurs de l’école.