L’Islande a beau occuper les premières places des classements des pays où les droits des femmes sont les plus avancés, elle n’en connaît pas moins des inégalités de genre. En témoigne le geste symbolique de milliers d’Islandaises lundi : à 14h38, elles ont quitté leur poste de travail. En comparaison avec les hommes, si elles avaient travaillé au-delà de cette heure… elles l’auraient fait gratuitement.

Ces femmes se sont réunies notamment devant le Parlement à Reykjavik, et ont posté des photos du mouvement sur les réseaux sociaux. Reprenant notamment le fameux "clapping" popularisé par les supporteurs de l’équipe islandaise de football pendant l’Euro 2016.



En Islande, les femmes sont payées en moyenne 18 % de moins que les hommes à poste et expérience égaux, selon l'Union européenne. Autant donc travailler 18 % de temps en moins pour souligner cette différence de traitement. Surtout que cet écart est supérieur à la moyenne européenne (16,2 %).

La date du 24 octobre n’avait pas été choisie au hasard : le 24 octobre 1975, les Islandaises avaient organisé leur première manifestation contre les inégalités salariales. Ce jour-là, elles avaient débrayé à 14h05. Le mouvement s’est répété : en 2005, les femmes avaient cessé toute activité à 14h08 puis en 2010 à 14h25. Le calcul se base sur une journée de travail de 8 heures.



L’inégalité se réduit donc, mais pour que les femmes effectuent la journée de travail complète, à ce rythme, il faudra attendre… 2068. "Peu importe qu’il s’agisse d’un écart de salaire lié au genre, ou de tout autre écart. Il est simplement inacceptable de dire que nous corrigerons ça dans 50 ans. C’est tout une vie" s’est indigné Gylfi Arnbjörnsson, un des syndicalistes qui avaient appelé à manifester. Encore quelques manifestations à venir.