Dans notre nouvelle rubrique "Avoir 20 ans à…", les Observateurs de France 24 donnent la parole aux jeunes à travers le monde pour qu’ils racontent leur quotidien en vidéo, parlent de leur ville, disent leurs rêves et leurs galères. Premier volet avec notre Observateur à Goma, Blaise Ndola, 24 ans.


Goma, un million d’habitants, est la ville la plus peuplée de l’est de la République démocratique du Congo. Elle est connue principalement pour son volcan, le Nyiragongo, dont la dernière éruption en 2002 avait fait 70 morts dans la ville, ou encore pour avoir été occupée par la rébellion du Mouvement du 23 Mars (M23) en 2012 pendant plusieurs jours.

En 2016, à quoi ressemble la vie d’un jeune de Goma ? Blaise Ndola aborde ce qui rythme son quotidien.



LE TRAVAIL ET L'ARGENT À GOMA


Depuis environ six mois, je travaille en indépendant pour plusieurs entreprises en communication sur le web. Le secteur dans lequel j’évolue est nouveau à Goma, donc c’est difficile de trouver un emploi régulier. Je parviens à travailler en moyenne deux semaines par mois, et à gagner environ 150 euros avec ça. Ça ne représente pas grand-chose à Goma, mais j’ai la chance de ne pas payer de loyer, car l’appartement appartient à mes parents, qui vivent toujours à Bukavu. Sans quoi, il faudrait que je gagne le triple pour commencer à vivre tranquillement… Lors des mois où ça ne marche pas trop, je dois encore solliciter l’aide de mes parents, bien que je n’aime pas beaucoup ça.

Mon principal souci, c’est d’être souvent connecté à internet pour connaître les dernières tendances et écrire des billets sur mon blog. J’y parle de politique congolaise, de high-tech et de communication. Mais à Goma, pour être connecté, il faut en payer le prix. J’active 100 mégas tous les jours sur mon téléphone, qui me coûtent environ un euro, mais la connexion n’est pas toujours stable. Avec environ une trentaine d’euros par mois, c’est l’une de mes plus grosses dépenses mensuelles."

Trouver un emploi ? Pas facile pour un jeune à Goma... découvrez la vidéo filmée par Blaise



LES GALERES QUOTIDIENNES : LES TRANSPORTS… ET SURTOUT L’EAU

L’une de mes plus grosses dépenses [un peu moins d’un euro chaque jour], ce sont les transports, même si chaque trajet reste bon marché. Ils fonctionnent plutôt bien à Goma mais malheureusement, beaucoup de routes ne sont pas pavées, ce qui ralentit parfois un peu le trafic car les conducteurs ne veulent pas abimer leur véhicule.

Pour moi, ce qui symbolise le plus le quotidien d’un jeune à Goma, c’est l’accès à l’eau. Aucune ville ne souffre comme ça de ce problème en RD Congo. Je suis toujours impressionné par le nombre de personnes qui se rendent au lac Kivu pour puiser de l’eau. À n’importe quelle heure, il y a toujours quelqu’un pour aller puiser de l’eau là-bas.

Je n’ai pas de robinet chez moi. Chaque jour, c’est la course à l’eau : je dois penser à acheter des bidons d’eau pour ma lessive, ma toilette, et aussi d’eau potable pour boire et cuisiner. En tout, je dépense  l’équivalent de cinq euros par semaine pour ma consommation d’eau.

Que pense notre Observateur de sa ville ? Blaise explique tout dans cette vidéo :




COMMENT SE DIVERTIR

Chaque week end, je m’accorde un peu de détente avec des amis… On s’invite régulièrement à tour de rôle dans notre QG du quartier Himbi, le bar "Freedom Plazza". Cet endroit est devenu une partie de nous, j’aime y aller, notamment pour jouer au baby-foot. Quand nous avons un peu plus de temps, nous organisons des excursions à Gisenyi au Rwanda [Goma et Gisenyi sont collées, séparées par la frontière entre la RD Congo et le Rwanda] pour aller se baigner à la plage publique. À Goma, bien qu’on soit autour du lac, il n’y a pas de plages pour les jeunes.

Je vais dans ce bar car il est à cinq minutes à pied de chez moi. C’est une donnée importante, car beaucoup de rues de Goma sont très mal éclairées. Or, passé 20 heures, le manque de lumière peut entraîner de mauvaises surprises si on se balade seul dans les rues. Quand on est jeune à Goma, il faut penser à ce genre de choses : prendre en compte le trajet nécessaire pour rentrer à la maison, si on va rentrer seul ou pas… parfois, c’est assez frustrant, car ça oblige à écourter une soirée pour ne pas avoir de problème…

Faire la fête à Goma ? Blaise nous raconte où et comment il sort dans la vidéo ci-dessous


SES RÊVES

J’aime Goma, c’est une ville qui respire, qui vit. Mais pour le moment, je ne pense pas pouvoir faire toute ma carrière ici, car les métiers de la communication sur internet ne sont pas encore très développés. J’espère gagner suffisamment d’argent pour poursuivre mes études par un doctorat en France ou en Belgique… et revenir en RD Congo pour lancer mes propres projets.

N’hésitez pas à consulter le blog de Blaise, ou ses articles pour le site Habari RDC !


Vous voulez participer à notre rubrique "Avoir 20 ans à..." et nous parler de votre ville, votre quotidien, vos lieux préférés et vos défis ? 

Envoyez nous un mail à observateurs@france24.com pour vous présenter et ce dont vous voudriez nous parler !

Article écrit en collaboration avec
Alexandre Capron

Alexandre Capron , Journaliste francophone