FRANCE, MARSEILLE

Des hooligans russes filment leurs violences avec une GoPro

Capture d'écran de la vidéo filmée par un hooligan russe
Capture d'écran de la vidéo filmée par un hooligan russe

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Filmer en saccageant, saccager en filmant : c’est la dernière trouvaille d’un hooligan russe à Marseille. Véritable démonstration de force pour ces hooligans, la vidéo publiée sur YouTube trois jours à peine après les violences qui ont émaillé le match de football Angleterre-Russie à Marseille, a déjà été vue près de 700 000 fois. Elle nous révèle combien les hooligans russes étaient organisés.

Dans la vidéo, on entend la voix de la personne qui filme avec une caméra GoPro embarquée. Il parle en russe. Le montage de la vidéo est soigné : aux chants des supporters russes succèdent "I’ve got a woman" de Ray Charles puis des chansons russes bien rythmées. Il filme leur descente violente dans les rues de Marseille. Ils sont prêts à en découdre, le cameraman y compris : il tient un bâton dans la main droite. Une fois arrivé cours Estienne-d’Orves où se trouvent de nombreux bars à Marseille, c’est à main nue, comme on peut le voir à son ombre projetée sur le sol, qu’il se bat contre d’autres supporteurs. Les chaises et les tables trouvées sur leur passage sont jetées sur la partie adverse. Certains de ses compatriotes ont des barres de fer à la main. À 1’57, un supporter adverse tombe au sol. Il sera roué de coups de pied et de poing.

Pendant plus de 6 minutes, celui qui filme la scène nous révèle combien ces hooligans sont organisés. Ils courent, frappent et repartent aussitôt. La vidéo montre également dans quel état le quartier se retrouve après leur passage. Tables et chaises renversées, plusieurs supporters sont à terre, amorphes.

Les heurts qui se sont déroulés à Marseille, opposant hooligans russes et anglais auxquels se sont joints d’autres nationalités, notamment des français, ont fait 35 blessés, dont un grave. Neuf peines de prison ferme et une avec sursis ont été prononcées contre six supporteurs britanniques, trois français et un autrichien pour des rixes la semaine dernière. Les autorités françaises ont eu plus de mal à identifier les hooligans russes : la Russie, qui semble t-il avait du mal à coopérer, n’avait transmis qu’une liste de 33 supporteurs dangereux. Cependant, une quarantaine d’hooligans russes ont été interpellés près de Nice ce mardi. Tous auraient participé aux incidents à Marseille.