IRAN

Le "Rambo irakien" accueilli en rock star pendant ses vacances en Iran

Abou Azrael et Abou Hor, un membre iranien des milices de l'imam Ali, posent avec deux personnes à Noshahr, en Iran.
Abou Azrael et Abou Hor, un membre iranien des milices de l'imam Ali, posent avec deux personnes à Noshahr, en Iran.

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Une vraie tournée de promotion : le commandant de l’ultra-violente brigade chiite de l’imam Ali, Abou Azrael, a passé la semaine dernière quelques jours en Iran. L’occasion pour celui qui a hérité du surnom de "Rambo irakien" de multiplier les selfies avec les Iraniens et de peaufiner sa stature d’icône chiite de la lutte contre l’organisation État islamique.

Car sa brigade a beau avoir recours à des pratiques extrêmes, Abu Azrael a été accueilli comme une rock star par les Iraniens qui l’ont reconnu. Ces quelques images en attestent. 

Durant son voyage, il s’est rendu à Téhéran, ainsi qu’à Noshahr, une cité balnéaire du nord de l’Iran ou à Mashhad,  une ville sainte pour les chiites. Il a effectué ce voyage avec Abou Hor, un des membres de sa brigade.

Mais il ne s’agissait évidemment pas seulement de faire du tourisme. Abu Azrael a également pris part à quelques assemblées religieuses et rencontré des dignitaires haut placés du clergé chiite, dont l'ultra-conservateur ayatolllah Alamolhoda à Mashhad.

Cette visite démontre l’importance des connexions entre les brigades chiites irakiennes et la République islamique d’Iran. Le groupe d'Abu Azrael fait partie des brigades de l’imam Ali, elles mêmes inclues dans les "Forces de mobilisation populaire". Hors ce groupe armé est largement sous contrôle des Forces Al-Qods, une unité spéciale chargée des opérations extraterritoriales de l’Iran. L’Iran ne se cache pas d'être le principal soutien logistique des milices chiites dans la guerre contre l’EI.

Cette vidéo d'Abu Azrael a été filmée en Irak. Il y récite des chants en persan.

Une milice accusée de crimes de guerre

"Abou Azrael" signifie en arabe le "père d’Azrael", Azrael étant l’ange de la mort.

Selon des médias iraniens, son véritable nom serait Ayoub Faleh al-Rabieia et il aurait 40 ans. Après des études de sport, il est devenu enseignant à l’université et a été champion de Taekwondo. En 2014, il rejoint les forces irakiennes chiites après l’appel de l’ayatollah Sistani, un leader chiite, à la mobilisation contre l’organisation État islamique. Il est considéré comme ayant aidé la création des brigades de l’imam Ali, dont il est désormais le commandant.

Les Observateurs ont publié plusieurs articles sur la brutalité des brigades de l’imam Ali, en s'appuyant sur des vidéos amateurs qui démontrent que cette milice a commis des crimes de guerre. Dans une vidéo de juillet 2014 tournée dans la région d’Amerli, les membres de la brigade exhibaient ainsi les têtes décapitées de combattants de l'EI. Une autre vidéo, publiée par les brigades de l’imam Ali en 2015, montre aussi certains de leurs combattants devant un homme, suspendu pieds et mains liés, au dessus d’un feu. Il n’est pas possible de dire, en se basant uniquement sur la vidéo, si l’homme est en vie.