Une vidéo publiée sur Facebook et présentée comme faisant état d’une scène de "violence policière" devient virale depuis ce matin sur les réseaux sociaux. On y voit un homme handicapé assis sur un quai de gare, dévêtu, ses prothèses de jambes et ses affaires éparpillées autour de lui. Trois policiers l’entourent, lui rendent une partie de ses affaires puis s’en vont. Si la scène est choquante, la vidéo ne montre pas de bavure policière.

[Actualisation le 11/05/2016 : La version de François Bayga a été contestée dès le lendemain. Une source policière avait assuré à Europe 1 que l'homme était en train d'uriner sur le quai de la gare et que les policiers l'ont alors contrôlé et verbalisé. Agité, il aurait de lui-même retiré ses prothèses. Mercredi 11 mai,  les policiers ont décidé de riposter. Les trois agents qui apparaissent dans la vidéo ont porté plainte pour "dénonciation calomnieuse" . Parallèlement, une plainte du préfet de police à l'encontre de Jean-Didier Bakakelo, l'homme qui avait filmé une partie de la scène avant de la publier sur Facebook, a été déposée pour "diffusion de fausses nouvelles" .]


Initialement postée mardi 3 mai à minuit sur le mur Facebook de Jean-Didier Bakekolo, qui a filmé la scène, la vidéo a été vue près de 23 000 fois en à peine 24 heures. Sur d’autres comptes Facebook qui ont repris ces images, elles dépassent les 300 000 vues.


Et elle indigne de nombreux internautes, qui crient au "contrôle au faciès" ou dénoncent des "violences policières".




François Bayga est l’homme handicapé qui apparaît dans la vidéo. Il nous raconte la scène, telle qu’il l’a vécu.

C’était lundi, je cherchais le train pour rejoindre la gare du Nord. Sur le quai, trois policiers se sont dirigés vers moi. Ils m’ont demandé mes papiers alors j’ai enlevé mon sac à dos et je leur ai montré.

Mais je n’ai pas tous mes papiers, je vis en France mais ma demande de papiers est encore en attente à la préfecture. Je leur ai dit, ils m’ont alors répondu que je n’avais rien à faire dans la gare. Je leur ai donné mon téléphone, ma carte AME [aide médicale d’État, NDLR] et ma carte d’inscription à mon club de rugby en fauteuil roulant. Ils m’ont demandé mon lieu de résidence, je leur ai dit que j’étais dans un centre d’hébergement. Ils m’ont demandé où j’avais eu mon téléphone, m’accusant de l’avoir volé. J’ai commencé à m’énerver, je ne comprenais pas ce qu’ils voulaient.

J’ai été plaqué contre le mur et tandis que je me débattais l’un des policiers me tirait la jambe. Il voulait savoir ce que j’avais sur moi, je leur ai dit plusieurs fois "ce sont des prothèses". Ils ont insisté pour me fouiller. J’ai alors tout enlevé. Je me suis assis par terre pour leur montrer qu’ils avaient eu ce qu’ils voulaient.

L’homme qui filmait me faisait des signes pour que je me calme, pour ne pas aggraver la situation. Les policiers m’ont rendu mes affaires puis ils sont partis. Heureusement qu’il y avait des témoins pour m’aider sinon la police m’aurait laissé planté là, c’est ça le pire. Un passant m’a aidé à remettre mes affaires sur moi. Je me suis senti complètement humilié.

Contacté par France 24, l’auteur de la vidéo explique :

"Je me suis retrouvé devant une fouille d’une brutalité inouïe à la Gare de Lyon. […] Les agents ont obligé cet homme à se dénuder, le pauvre s’est retrouvé sans prothèse afin de prouver sa coopération aux yeux de la loi ", explique Jean-Didier Bakekolo dans sa publication.

Le service de communication de la préfecture de police de Paris n’a pas souhaité commenter cette vidéo et a incité la victime à porter plainte si elle estime avoir été victime de maltraitance afin qu’une enquête soit ouverte.