Chorégraphie facile, rythme entraînant : la danse du "barbs", inventée par le chanteur saoudien Majed el-Esa, fait un tabac en Arabie saoudite depuis sa sortie en décembre dernier. Ces dernières semaines, le phénomène a gagné d’autres pays du monde arabe. Dans un jardin, un salon, au fond d’un parking ou au bord d’une route déserte, le "barbs" se danse désormais partout, et chacun y va de son interprétation en vidéo.

Tout est parti de ce clip, conçu par le chanteur saoudien Majed el-Esa.

"Barbs" signifie "désordonné" en dialecte saoudien. Son principe est simple : incliner la tête en arrière, puis se balancer sur le côté en faisant une vague avec son corps. Diffusé le 31 décembre 2015 sur YouTube, la chanson comptabilise aujourd’hui plus de 20 millions de vues. Et elle a fait des petits, beaucoup de petits, un peu partout dans le monde arabe.

Maroc


Tunisie


La chanson a surtout inspiré plusieurs variantes plus loufoques les unes que les autres.

Comme cette version venue du Yémen où l’on voit des jeunes exécuter le "barbs" en se gavant de qat, la plante narcotique dont raffolent les Yéménites.


Elle a aussi été déclinée en version accélérée par Omar et Rajaa Belmir, un duo de stars sur YouTube dans le monde arabe.


Aux Émirats arabes unis, même des soldats se sont laisser tenter, et ont posté une vidéo d’eux exécutant la danse en uniforme. Leur interprétation n’a toutefois pas fait rire leur hiérarchie. Selon le quotidien Okaz, les deux soldats ont été sanctionnés pour "non-respect de l’uniforme et de l’armée".


En Arabie saoudite, pays très conservateur, de nombreux chroniqueurs et internautes se sont aussi indignés, voyant dans ces pas de danse une tentative d’occidentalisation de la société.
Traduction :"Même les plus instruits se mettent à imiter l’Occident et à apprendre à leurs enfants l’insouciance, comme ces jeunes qui se trémoussent sur cette chanson bizarre, le barbs".


Considéré comme l’un des pays les plus conservateurs au monde, l’Arabie saoudite reste paradoxalement un gros pourvoyeur de hits parade sur YouTube. En témoigne le phénomène de la "danse du pingouin", ou encore le succès de la chanson marocaine "Elle veut quelqu’un", sur laquelle de nombreux Saoudiens s’étaient trémoussés en 2014.