CONGO-BRAZZAVILLE

Le point en images sur les affrontements au Congo-Brazzaville

Publicité

Des coups de feu ont retenti tôt ce lundi matin dans les quartiers sud de Brazzaville, la capitale du Congo. Plusieurs commissariats ainsi qu’une mairie ont été brûlés et déjà plusieurs centaines de personnes sont parties se réfugier au nord de la ville. Images et témoignages de nos Observateurs.

L’origine des attaques n’a pas encore été confirmée, mais d’après des radios locales, il s’agirait d’une attaque menée par des hommes appartenant à la milice rebelle "Ninja ", un groupe armé placé sous le contrôle de Frédéric Bintsamou. Plus connu en tant que "pasteur Ntumi ", cet homme occupe le poste de haut-commissaire chargé de la réparation des séquelles de guerre. La milice "Ninja "avait combattu contre les "Cobras "de l’actuel président Denis Sassou-Nguesso durant les guerres civiles du Congo dans les années 90.

[ACTUALISATION 5/04 à 15h30 : Frédéric Bintsamou, surnommé le pasteur "Ntumi" a démenti dans un communiqué "toute implication" et estimé "qu'il s'agit sans doute de l'expression d'un ras-le-bol des jeunes après 32 ans de présidence Sassou-Nguesso"]

Notre Observateur Serge (pseudonyme) habite au sud de Brazzaville, dans le quartier de Sangolo.

J’ai commencé à entendre les coups de feu vers 3 heures du matin.

Nous avions l’impression que le son des armes à feu se déplaçait, ce qui faisait penser à une course-poursuite. J’ai également vu beaucoup de fumée du côté du commissariat, je m’y suis rendu pour voir et j’ai pu constater qu’il avait en partie brûlé.

Commissariat de Sangolo vers 5h du matin. Photo envoyée par notre Observateur.

Commissariat de Sangolo vers 5h du matin. Photo envoyée par notre Observateur.

Nous avons ensuite vu arriver des soldats dans des 4/4. Ils tiraient en l’air alors nous nous sommes réfugiés dans nos maisons. Nous avions peur d’être confondus avec des assaillants.

Au nord c’est calme, mais dans le sud de la ville, personne ne sort de chez soit aujourd’hui et les magasins sont fermés. Plusieurs routes sont bloquées et des militaires continuent à patrouiller.

Patrouille des militaires. Photo envoyée par notre Observateur.

Patrouille des militaires. Photo envoyée par notre Observateur.

Depuis les élections du 20 mars, plusieurs groupes ont appelé à la désobéissance civile. La victoire de Denis Sassou Nguessou [NDLR : au pouvoir depuis 1979] dès le premier tour, a suscité beaucoup de colère parmi les habitants.

UN QUARTIER NORD DE BRAZZAVILLE OÙ LA VIE EST NORMAL.

Posted by Brazzaville Infos 242 on Monday, April 4, 2016

Situation normale au Nord de la capitale. 

Guy habite dans le quartier des Batignolles et travaille au centre-ville de la capitale. Il administre la page Facebook Brazzaville Infos 242 sur laquelle il poste plusieurs vidéos et des photos depuis ce matin. 

J’habite dans un quartier qui fait la jonction entre les quartiers nord et sud. Les coups de feu ont suscité beaucoup de panique, et dès 7 h ce matin j’ai vu plusieurs centaines de personnes partir vers le nord de la ville avec toutes leurs affaires.

BRAZZAVILLE LE 4 AVRIL 2016 (7H15).

Posted by Brazzaville Infos 242 on Monday, April 4, 2016

Déplacements de population vers le Nord de la capitale. Photo envoyée par notre Observateur.

Beaucoup venaient du quartier de Makélékélé, là où les affrontements ont été les plus violents [NDLR : Selon plusieurs photos envoyées par des Observateurs, la mairie ainsi que le commissariat de ce quartier ont été incendiés].

La mairie de Makélékélé. Photo envoyée par un Observateur.

Depuis l’élection présidentielle contestée du 20 mars dernier, au terme de laquelle Denis Sassous-Nguesso est arrivé en tête avec 60 % des suffrages, la tension monte dans la capitale. La semaine dernière, une journée ville morte avait été organisée à Brazzaville. Le candidat Guy-Brice Parfait Kolélas, arrivé en deuxième position à l’élection présidentielle, a quant à lui déposé un recours devant la Cour constitutionnelle du Congo-Brazzaville pour contester le scrutin.