OUGANDA

Les internautes s’insurgent contre des fouilles "sexuelles" en Ouganda ! Sauf que…

Des fans se sont insurgés des fouilles pratiqués par les forces de l'ordre à l'entrée d'un match de football en Ouganda. Mais l'histoire est toute autre.
Des fans se sont insurgés des fouilles pratiqués par les forces de l'ordre à l'entrée d'un match de football en Ouganda. Mais l'histoire est toute autre.

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Depuis mercredi, des photos montrant des fouilles très intimes faite par la police en Ouganda, à l’entrée d’un stade de football, enflamment les réseaux sociaux. Les internautes se disent outrés par ces attouchements "indécents "auxquels se livrent ces hommes.

Sur des photos largement relayées dans plusieurs médias, on voit la police ougandaise réaliser des fouilles poussées à l’entrée du Mandela Stadium de Kampala, où se jouait mardi 29 mars le match Ouganda - Burkina Faso. De nombreux internautes africains ont dit être choqués par les méthodes utilisées, les forces de l’ordre n’hésitant pas à toucher la poitrine ou l’entrejambe des femmes. Selon eux, les cheveux rasés des policiers et leur carrure ne laissait aucun doute sur le fait qu’il s’agissait d’hommes. De nombreuses blagues de mauvais goût, expliquant que les supportrices ougandaises appréciaient ce type de fouilles, circulaient même sur les réseaux.

Cette internaute s'exclame "Oh mon dieu ! Donc la police ougandaise est occupée à caresser les femmes à Namboole".

"En Ouganda, la loi interdit qu’un homme fouille une femme"

En réalité, les policiers que l’on voit sur ces photos sont des femmes, qui ne font que leur travail. Contactée par France 24, Polly Namaye, sous-commissaire et porte-parole de la police de Kampala, se montre très agacée par ces intox.

Ce sont des policières ! En Ouganda, la loi interdit qu’un homme fouille une femme. Oui, elles ont les cheveux courts. Car lorsque les femmes policiers sont en formation, beaucoup choisissent de se raser le crâne et elles gardent ensuite cette habitude.

Nous avions un dispositif de sécurité important pour ce match, avec des enquêteurs et des agents du contre-terrorisme. Nous avions demandé à nos agents de faire des fouilles poussées. Les photos montrent à quel point ces consignes ont été suivies, ça fait même sourire les fans.

"L’Ouganda est menacée par les Shebab et Al-Qaïda"

L’Ouganda est en alerte terroriste actuellement. Nous avons reçu des menaces des Shebab, mais aussi d’Al-Qaïda, à cause de l’implication de l’Ouganda sur le terrain en Somalie. Des attaques ont eu récemment lieu au Kenya [notamment à l’université de Garissa en avril 2015, faisant 148 morts, NDLR], notre pays voisin. En plus, ce match avait lieu une dizaine de jours après les attentats sanglants à Bruxelles.

Les risques sont élevés. En 2010, l’Ouganda a subi une attaque terroriste alors que des fans de football regardaient la finale de la Coupe du Monde sur un écran géant à Kampala et 70 personnes avaient perdu la vie.

Au-delà des risques terroristes, nous sommes aussi attentifs aux risques de banditisme dans les stades. Certaines personnes mal intentionnées parviennent parfois à rentrer dans les stades avec des petits couteaux ou des lames de rasoir grâce auxquels ils détroussent les supporters. Sur les photos, les officiers vérifient que ces femmes n’ont rien caché dans leurs soutiens-gorges ou dans leurs sous-vêtements. Donc rien à voir avec des palpations trop intimes !