FRANCE

Les étudiants de Sciences Po veulent manifester, mais sans être notés absents…

Blocage de l'entrée de Sciences Po jeudi matin, par une cinquantaine d'étudiants. Photo postée sur Twitter par Ulysse Bellier.
Blocage de l'entrée de Sciences Po jeudi matin, par une cinquantaine d'étudiants. Photo postée sur Twitter par Ulysse Bellier.

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En France, la fronde contre le projet de loi destiné à modifier le Code du travail ne faiblit pas. Parmi les contestataires, quelques étudiants de Sciences Po, la célèbre grande école parisienne. Mais avant d’aller battre le pavé, ces très bons élèves ont d’abord manifesté devant leur école pour demander un assouplissement des règles concernant l’assiduité. Ils se disent révoltés... mais pas au point de sécher des cours.

Depuis deux semaines, plusieurs assemblées générales ont été organisées dans les locaux de Sciences Po Paris, pour débattre du projet de loi de la ministre du travail Myriam El Khomri et réfléchir à la manière d’organiser la contestation. Quelques dizaines d’étudiants du prestigieux établissement sont ainsi allés manifester contre le texte les 9 et 17 mars derniers, jours de mobilisation nationale. Lundi soir, un amphithéâtre a été occupé par une centaine d’étudiants, avant d’être libéré jeudi matin.

Suite à l'Assemblée Générale de ce soir et au refus de coopération de l'administration, nous avons décidé d'occuper les...

Posted by Sciences Po contre la Loi Travail on Monday, March 21, 2016

À l'issue d'une assemblée générale organisée lundi soir, une centaine d'étudiants ont décidé d'occuper l'un des amphithéâtres de Sciences Po.

L'amphithéâtre occupé par des étudiants depuis lundi soir a été libéré jeudi matin.

Jeudi matin également, une cinquantaine d’étudiants ont bloqué l’entrée de l’établissement durant quelques heures, notamment avec des poubelles. L’objectif : réclamer une dispense d’assiduité les jours de mobilisation nationale contre la Loi Travail, afin de pouvoir aller manifester sans compromettre pour autant leur année universitaire.

L’établissement autorise deux absences non justifiées par cours et par semestre. Au-delà de deux absences, les étudiants peuvent être déclarés défaillants dans le cours et donc obtenir moins de crédits universitaires, ce qui peut les empêcher de valider leur année.

L'entrée du bâtiment principal de Sciences Po a été bloquée durant quelques heures jeudi matin par une cinquantaine d'étudiants de l'établissement.

"Les étudiants sont quand même partis manifester, même s’ils n’ont pas obtenu gain de cause"

Ulysse Bellier est un étudiant de Sciences Po en première année, travaillant pour La Péniche, le journal étudiant de l’établissement.

Ce matin, les étudiants qui bloquaient l’entrée de Sciences Po avaient décidé de ne pas partir manifester, tant qu’ils n’avaient pas obtenu gain de cause concernant leur demande de dispense d’assiduité. Le directeur de la vie universitaire – qui gère les relations avec les associations notamment – a proposé de dresser une liste des étudiants allant manifester, pour que le jury de fin d’année en tienne compte. Mais il a fait cette proposition de manière informelle et les étudiants ne sont pas d’accord de toute façon, de peur d'être "listés". Et l’administration refuse de céder.

Mais les étudiants sont quand même allés manifester, peut-être car la direction de l’école a décidé d’annuler les cours dans les bâtiments qui étaient bloqués ce matin...

Les étudiants de Sciences Po ayant manifesté dans les rues de Paris ce jeudi. Photo publiée sur la page Facebook "Sciences Po contre la Loi Travail".

Sur les réseaux sociaux, des étudiants de l’établissement parisien et d’autres internautes n’ont pas manqué de se moquer des contestataires :

La mobilisation contre la Loi Travail demeure toutefois relativement faible à Sciences Po, puisque l'institution compte 12 000 étudiants environ.

Des manifestations contre ce projet de loi controversé se sont déroulées jeudi 24 mars dans plusieurs villes françaises, à l’appel de syndicats – notamment étudiants et lycéens – et de formations politiques, alors que le texte était présenté en Conseil de ministres.