SENEGAL

Sénégal : le ministère de l'Intérieur est accusé de faire campagne pour le "oui"

Photo de notre Observateur à Dakar d'une affiche de sensibilation au vote pour le référendum
Photo de notre Observateur à Dakar d'une affiche de sensibilation au vote pour le référendum

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Le 20 mars prochain, les Sénégalais seront appelés à s'exprimer sur le projet de révision de la constitution, proposé par le Président Macky Sall. Mais une affiche électorale a soulevé la polémique.

C'est une des nombreuses affiches placardées dans les rues de la capitale, Dakar. Au premier abord, on voit une grande carte du Sénégal, aux couleurs du pays, avec en son centre une famille. Jusque-là, tout va bien, mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit que pour représenter les bulletins, un gros "OUI "en noir sur fond blanc apparaît, tandis que le "NON "est imprimé en blanc sur fond rose délavé, et donc quasi invisible…

Autre étrangeté qui a fait réagir les internautes, une belle faute d’orthographe : "Un peuple, un but, une foie ". Vous l’avez bien compris, il s’agit bien du mot "foi "et non pas du mot "foie ", désignant l'organe abdominal des vertébrés.

Une chose est sûre, le coup de communication un peu maladroit a crée la controverse, des militants du camp du "NON" se sont indignés via Twitter.

D'autres internautes ont fait circuler le message et ont demandé à riposter à cette affiche.

Enfin, certains ont choisi le registre de l'humour avec le hashtag #TweetCommeLeMinisteredelinterieur.

"Les partisans du NON affirment que c'est un acte de sabotage"

Abdoulaye, notre Observateur à Dakar, explique :

"Pour l'opposition, le problème avec cette affiche c’est que le bulletin du "NON" n'est pas assez lisible. On le voit à peine sur le panneau. Certains ont critiqué le choix de cette couleur rose pour le NON. En bref, l'opposition et les partisans du 'NON' au référendum affirment que c’est un acte de sabotage, fait exprès par le ministère de l'intérieur qui est en faveur du Président"

Interrogé sur cette affiche par RFI, le ministre de l’Intérieur sénégalais, Abdoulaye Daouda Diallo a répondu:

"Il y a très peu de personnes parmi nous qui savent lire et écrire. Dans ces conditions, il faut qu’il y ait une différenciation pour que les gens puissent faire des choix avisés". Quant à la faute d’orthographe, il a ajouté qu'elle serait "rapidement corrigée ".