OUGANDA

Des fausses armes pour dénoncer les violences à la veille de la présidentielle

Les partisans de Kizza Besigye défilent avec des fausses armes lors de la dernière journée de campagne. Photo : @Sudhirntv
Les partisans de Kizza Besigye défilent avec des fausses armes lors de la dernière journée de campagne. Photo : @Sudhirntv

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Plusieurs photos publiées sur les réseaux sociaux montrent les supporters de Kizza Besigye, le principal opposant au président ougandais actuel, défilant avec des armes factices faites de branches d’arbres. Pour notre Observateur, il s’agit, à quelques jours de la présidentielle, de dénoncer l’usage abusif de la force par le gouvernement. La veille, des manifestations entre forces de l’ordre et opposants avaient fait un mort.

La campagne présidentielle en Ouganda, jusqu'alors plutôt calme, a dégénéré lundi 15 février, faisant un mort dans des affrontements entre opposition et forces de l’ordre. Ces violences sont intervenues à la suite de la brève interpellation du candidat Kizza Besigye alors qu’il défilait avec ses partisans, l’empêchant ainsi de se rendre à un meeting à l’université Makerere. Selon les autorités, le candidat aurait traversé la ville sans respecter le bon itinéraire. Les opposants dénoncent quant à eux la volonté du gouvernement de tenir à l’écart Kizza Besigye, qui se présente pour la quatrième fois contre le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 30 ans.

La "statue" de Kizza Besigye gardée par des partisans armés de fusils factices. Photo : @Sudhirntv.

Pour leur dernière journée de campagne, les principaux candidats ont défilé dans les rues de Kampala mardi 16 février. Les partisans de Kizza Besigye ont profité de l’occasion pour dénoncer les violences policières en défilant armés de fusils factices.

Photo : @Sudhirntv.

Notre Observateur Michael a participé au défilé.

"Nous n'avons pas besoin de recourir à la force pour protéger notre candidat"

Nous avons défilé en chantant 'Ils ont les armes, nous avons le peuple !', c’est pour cela que nous avions fabriqué ces armes factices. Cela faisait partie de l’ambiance amusante du rassemblement.

Depuis plusieurs années, nous dénonçons l’usage de la force en Ouganda. Ce qui s’est passé hier est un excellent exemple des tentatives d’intimidation du gouvernement : les forces de l’ordre n’ont pas hésité à tirer sur un manifestant désarmé.

Et lors des élections, ce genre de tension arrive régulièrement : ce n’est pas la première fois que Besigye est arrêté parce qu’il dérange le gouvernement [Besigye assure en effet avoir été arrêté 43 fois depuis sa première candidature à la présidentielle, en 2000, NDLR]. Du coup, il s’agissait aussi de se moquer du gouvernement... Nous, nos agents de sécurité ont des armes factices : pas besoin de recourir à la force pour protéger notre candidat.

Maintenant, nous demandons de véritables élections, sans tentatives d’intimidation et sans violence.

Une femme en moto suit le cortège avec une fausse arme. Photo : @Sudhirntv.

 

Human Rights Watch s’est également inquiété du climat pré-électoral, rappelant que les élections précédentes avaient également été marquées par des fraudes électorales, des violences et des violations des libertés de réunion et d’expression.

À la tête du pays depuis 1986, le président actuel n’a jamais montré l’intention de quitter le pouvoir. Celui-ci a su s’attirer la bienveillance de la communauté internationale pour avoir mis en place une armée disciplinée et lutté contre la pandémie du VIH-sida dans son pays.