GUINÉE-CONAKRY

Grève générale en Guinée : "le prix du carburant doit baisser"

Rue déserte et commerces fermés au premier jour de la grève générale en Guinée. Photo de notre Observateur.
Rue déserte et commerces fermés au premier jour de la grève générale en Guinée. Photo de notre Observateur.

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Rues désertes, administrations et commerces fermés, le mouvement de grève général en Guinée-Conakry a été très suivi dans la capitale, mais aussi à l’intérieur du pays.

Après l’échec de discussions avec le gouvernement guinéen, plusieurs centrales syndicales ont lancé une grève illimitée depuis dimanche 14 février sur tout le territoire et dans tous les secteurs – public, privé et informel.

Révision de la grille des salaires des fonctionnaires, retraites, cas particuliers des personnels de l’éducation et de la santé, si tous ces points figurent dans les revendications, il s’agit aussi pour les grévistes d’obtenir la baisse des prix du carburant.

Notre observateur, est étudiant et blogueur à Labé. Il se dit solidaire du mouvement.

"Malgré la baisse du prix du pétrole, les prix pratiqués en Guinée n’ont pas changé"

"La ville est paralysée. Il n y a pas d’activité. Le marché central, les banques, les stations- services sont fermées. On peut voir que la grève est largement suivie, car d’habitude le centre-ville grouille de monde le lundi. Et aujourd’hui, c’est totalement désert !

Rue déserte à Labé au premier jour de la grève générale. Photo Facebook Sally Bilali Saw

 

Dans les cinq régions administratives autour de Labé c’est la même chose selon Alpha Ousmane Diall , le secrétaire général de l'Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG) à Labé.

C’est le signe du ras-le-bol. Les Guinéens pensaient qu’avec le nouveau quinquennat et un premier ministre du secteur privé ; ça allait changer. Ils avaient promis que l’économie serait en bonne santé, mais les gens se rendent compte que c’étaient seulement des promesses électorales.

On a assisté récemment à la hausse de la TVA de 18 % à 20 %. Les tarifs au niveau du port de Conakry ont augmenté, le sac de riz est un peu plus cher. On n’aurait pas dû augmenter de 2 points la TVA aussi rapidement. Les députés doivent regarder le peuple en face au lieu de voter les lois.

Mais la vraie pomme de discorde, c’est le prix du carburant. Malgré la baisse du prix du pétrole, les prix pratiqués en Guinée n’ont pas changé. Les prix du carburant déterminent aussi celui de la marchandise, les transporteurs les répercutent sur leur livraison, c’est très important de les baisser aussi pour les consommateurs. Le gouvernement doit essayer de baisser les prix comme l’ont fait le Sénégal et le Mali.

Je suis à la base avec l'association des blogueurs de Guinée (Ablogui) du lancement du hashtag #5000CestBon pour demander au gouvernement de fixer le prix du litre d’essence à 5 000 francs guinéens. Actuellement c’est 8 500 francs guinéens. Ce tarif a été calculé sur un baril à 47 dollars. Or, le baril est passé à 25 dollars ! Le gouvernement doit faire un effort.

Selon les publications du gouvernement, il compte beaucoup sur les recettes du pétrole mais, il y a l’or, il y a le bauxite, il y a beaucoup de richesses. Nous, on ne voit pas les investissements venir à l’intérieur du pays. Il ne faut pas que l’argent parte dans la poche de gens corrompus.

Faire grève, pour nous, c’est rester à la maison et respecter le mot d’ordre : pas de violence. Ici il n’y a pas de casse.

Sur la photo, sur la camionnette, ce sont des conducteurs de taxis moto, des chauffeurs, des syndicalistes qui ont fait le tour de la ville pour vérifier que tout le monde faisait bien grève. Ils ne veulent pas de désolidarisation ou de récupération politique.

Des syndicalistes vérifient que tout le monde fait grève. Photo Facebook Sally Bilali Saw.

C’est une grève illimitée, pour améliorer les conditions de vie des travailleurs et de la population, la grève peut continuer pendant des jours. Mais là je crains que les esprits s’échauffent.

Conakry, la capitale, avait elle aussi des allures de ville morte ce lundi : routes vidées de leurs traditionnels embouteillages, transports en commun à l'arrêt, commerces, écoles, et administrations portes closes.

Conakry, lundi 15/02/2016, au premier jour de la grève générale @Mamadou Moussa Diallo