CHINE

Les 5 images les plus censurées en Chine et auxquelles vous n'auriez jamais pensé

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En 2015, la police des réseaux chinoise n'a pas chômé. Une école de journalisme de Hong Kong a répertorié les images qui ont été les plus rapidement soustraites au regard des internautes chinois. De Winnie l'ourson au crapaud président, les cibles des censeurs sont parfois étonnantes.

Le président chinois, Xi Jinping, a fait des déclarations en décembre dernier pour appeler à une gouvernance mondiale d'Internet qui reconnaîtrait un "droit pour chaque État d'adopter ses propres règles". Objectif officiel de cette stratégie baptisée "souveraineté numérique" : lutter contre le terrorisme et la cybercriminalité. Objectif sous jacent : justifier la politique de censure du web de l'empire du milieu.

Selon le Centre d’étude du journalisme et des médias basé à Hong Kong, l’année 2015 a d'ailleurs été particulièrement riche en filtrage des réseaux. L’école explique, dans son Weiboscope, un outil de veille sur les contenus censurés sur le web chinois, qu’il faut aujourd'hui entre 28 minutes et 2h30 aux censeurs du web chinois pour supprimer un post jugé inapproprié. L'efficacité de la police du Net ne fait qu'augmenter.

Ce Weiboscope inclut aussi les images les plus censurées sur le web. Certaines, qui peuvent paraître anodines, ont pourtant été très rapidement effacées.

1. Winnie l’ourson, alias Xi Jinping

La comparaison avec l’ours friand de miel n’a pas plu au président chinois. Alors que Xi Jinping paradait dans un véhicule pour le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en septembre, des internautes ont fait la comparaison entre lui et un jouet représentant l'ourson.

La photo a fait long feu : 69 minutes après son apparition, mais tout de même après 65 000 partages, la photo avait disparu de Weibo, le Twitter chinois.

La comparaison entre Winnie l’ourson et Xi Jinping n’est pas une nouveauté : le chef de l’État est fréquemment moqué et comparé au personnage de dessin-animé..

2. Les restrictions autour de la grande parade

Lors de la même cérémonie, de nombreuses autres photos pouvant paraître anodines ont été censurées. Celles qui arrivent en tête, selon le site Hong Kong FP, ont été prise par des riverains sur le trajet de la grande parade. Elles montrent les notes leur demandant de fermer leurs fenêtres et de ne pas rester au balcon.

Cette photo a été l'une des plus censurées durant la parade chinoise. La note demande aux riverains de fermer sa fenêtre et de ne pas "jeter de coup d'œil" au rassemblement.

Des internautes ont également posté de fausses invitations à la parade, imitant les invitations officielles, pour dénoncer le caractère sélectif de l'événement.

À gauche, une fausse invitation pour la grande parade. À droite, une vraie invitation. Cette image a été censurée car elle critiquait le fait que l'ensemble de la population n'avait pas été convié pour l'événement.

Durant cette parade, de nombreuses autres images se moquant du président devant faire un discours sous une très forte chaleur avaient aussi été publiées.

3. On ne blague pas avec l’ancien président chinois

Jiang Zemin, président chinois de 1993 à 2002, a 89 ans. Ses apparitions en public sont rares, les observateurs internationaux le disent fatigué. Pourtant, en août, il réapparaît publiquement. L'une des photos, où il s’adresse à la foule en appuyant ses mains sur un balcon, est détournée par les internautes chinois qui comparent Jiang à un crapaud, amphibie à trois doigts.

La référence au crapaud n’est, là encore, pas une nouveauté. En 2014, les internautes avaient comparé un crapaud gonflable géant qui flottait sur le lac d'un parc de Pékin à Jiang Zemin.

4. L’attaque du convoi du président chinois aux États-Unis

Alors en voyage aux États-Unis au mois de septembre, le président chinois a vu son convoi cerné quelques minutes par des manifestants. La vidéo, diffusée par des activistes basés aux États-Unis, a été immédiatement censurée sur Weibo et WeChat, les deux réseaux les plus importants en Chine.

La version sur Youtube, elle aussi censurée, a été cependant visionnée plus de 10 000 fois en quelques heures.

5. Taïwan, même pas en drapeau

En novembre dernier, le président chinois Xi Jinping a rencontré le président de Taïwan, Ma Ying-jeou à Singapour, une première depuis 1949. Mais lors de la retransmission des discours finaux des deux chefs d'État, la télévision chinoise CCTV floute le drapeau taïwanais présent sur le costume du président Ma.

Des internautes s’amusent alors à inonder le web de la capture d’écran sans floutage du drapeau, d'autres postant simplement le drapeau taïwanais sur leur compte. L'ensemble de ces images a été supprimé en moins d'une heure selon le WeiboScope.