Depuis samedi, un groupe d’hommes armés occupe un bâtiment fédéral dans l’Oregon et prévoit d’y rester "des années ". Sur Twitter, les internautes ont exprimé leur étonnement face au traitement médiatique de cet événement qu'ils jugent trop indulgent. Ils n'hésitent pas à comparer la stratégie des miliciens à celle d'un groupe terroriste.

L’histoire commence samedi par un rassemblement pacifique dans l’Oregon pour contester le retour en prison de Dwight Hammond, 73 ans et son fils Steven Hammond, 46 ans.

Les deux hommes avaient été condamnés pour avoir provoqué des incendies criminels sur des terres fédérales dans les années 2000. Le père avait purgé trois mois et le fils un an.

En octobre, un juge fédéral a estimé que la première sentence avait été trop clémente et a demandé à ce qu’ils soient renvoyés derrière les barreaux. Les deux éleveurs ont donc finalement été condamnés à quatre ans de prison.

Mais le rassemblement de soutien est allé beaucoup plus loin. Plusieurs manifestants armés ont investi le Malheur National Refuge, un bâtiment fédéral vide situé dans l’Oregon.

À la tête de ce mouvement, plusieurs défenseurs du port d'armes connus pour s'opposer régulièrement aux autorités fédérales dont Cliven Bundy, propriétaire d'un ranch.

Son fils, Ammon Bundy, a indiqué au journal local The Oregonian qu'ils étaient près d'une centaine à occuper le bâtiment et qu'ils n'hésiteraient pas à se défendre en cas d'intervention de la police. Il a également précisé vouloir rester "plusieurs années" dans le refuge.

Sur la page Facebook du ranch des Bundy, les miliciens appellent même les citoyens américains à les rejoindre avec leurs armes. Selon un journaliste américain, l'un des chefs de file du mouvement s'est dit prêt à "tuer et être tué".




L’événement n’a pourtant pas suscité un déferlement d’articles dans la presse américaine. Et sur Twitter, les internautes n’ont pas manqué de le faire remarquer.

"Il y a une milice armée de 150 hommes dans l'Oregon et aucun média n'en parle."


"Pas une seule chaîne ne couvre la situation dans l'Oregon."

"Manifestants", "protestation", certains tweets pointent également du doigt le vocabulaire utilisé dans la presse pour désigner cette milice armée.

Dans ce tweet par exemple, l'idée de "manifestation pacifique" a été remplacée par " infiltration armée" et le terme "action" par "prise de contrôle par une milice" :


Pas une milice, pas des éléveurs, pas des patriotes, des manifestants. Des terroristes armés sur le sol national : voilà ce que vos armes font de vous.

Pouvez-vous imaginer le scandale pour Fox News si une centaine de muslmans armés ou membre des Black Lives Matter avait pris le contrôle d'un bâtiment fédéral et déclaré la guerre au gouvernement américain ? Mais ils sont blancs donc ça passe.

Ce tweet fait référence au garçon noir de 12 ans, Tamir Rice, abattu par un policier dans l'Ohio en novembre 2014 alors qu'il brandissait un pistolet factice :


"Intéressant. Ces miliciens blancs sont appelés "patriotes" dans les médias alors que les Black Panthers étaient appelés "terroristes".

Alors que la presse a utilisé le hastag #OregonUnderAttack pour relayer des informations sur la situation, les twittos ont préféré en utiliser d’autres, plus critiques.

Le hastag #YallQaeda [ "bande d'Al-Qaïda" en argot], a été beaucoup utilisé ce weekend. Il était déjà apparu à plusieurs reprises depuis 2011 pour évoquer des groupes suprémacistes blancs.



Très utilisé également le hastag #VanillaISIS, en référence à leur couleur de peau. Ces derniers mois, ce hastag a été utilisé pour désigner Donald Trump et ses supporters.

"Ils peuvent faire ça parce qu'ils ne sont pas noirs."


Dimanche soir, aucune présence policière n'était visible aux abords du parc dans lequel est situé le bâtiment fédéral. L'entrée était gardée par des hommes de la milice à bord de véhicules, tandis que d'autres montaient la garde depuis une tour. Selon NBC News, le FBI a déclaré être en train de travailler avec les autorités locales pour résoudre la situation de façon pacifique.