Irak

Témoignage d’un volontaire sur le front à Ramadi

notre Observateur Ahmad Al Zaidy dans la ville de Ramadi. La dernière bombe vient d’être désamorcée par leur brigade. La voie est libre pour l’armée irakienne.
notre Observateur Ahmad Al Zaidy dans la ville de Ramadi. La dernière bombe vient d’être désamorcée par leur brigade. La voie est libre pour l’armée irakienne.

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L’armée irakienne vient de pénétrer dans le centre de Ramadi, à l’ouest de Bagdad, une ville conquise par l'organisation État islamique (EI) en mai 2014. Des combattants volontaires des Unités de mobilisation populaire, une force paramilitaire essentiellement chiite, ont préparé l’entrée de l’armée irakienne dans la ville. Le récit et les images de l’un de ces volontaires, Ahmed al-Zaidy.

"Un groupe de soldats volontaires était chargé de déminer les routes que l’armée irakienne allait emprunter. Il fallait aussi se méfier des voitures et maisons que l’EI avait truffées d’explosifs !"

"Ces bombes peuvent être déclenchées à distance avec un téléphone portable. Il suffit d’un appel d’un combattant de l’EI pour qu’elles explosent. Pour les détruire, il faut les faire exploser. Nos "ingénieurs" mettaient du TNT dans un jerricane d’eau qu’ils plaçaient à proximité d'une des bombes. C’est l’explosion du TNT qui permettait de la faire exploser."

"Nous sommes entrés en ville derrière les forces armées irakiennes. En marchant dans les ruines, je suis tombé sur plusieurs cadavres de combattants de l’EI. Mais la plupart de ces combattants avaient fui plusieurs jours auparavant par la rivière. La ville reste encore très dangereuse. Il y a encore des combats, notamment des snipers sur les toits."

"Après de long mois de combats au sol et de raids aériens par la coalition internationale menée par les États-Unis, la ville est en partie détruite. C’est une ville fantôme, vidée de ses habitants. La plupart des civils l'avaient quittée lors de sa conquête par l’EI."

"Les combattants de l’EI à Ramadi avaient converti une ancienne école en centre de commandement. Sur les murs, ils ont peint le drapeau de leur califat."

"Nous avons retrouvé des cartes d’identité données par l’EI à ses jihadistes "

"Par terre, dans la ville, nous avons retrouvé des cartes d’identité de jihadistes. Il s’agit de cartes fabriquées par l’administration de l’EI. Elles portent le sigle du califat. Un drapeau noir qui comporte la Chahada [la profession de foi de l’islam, NDLR]. Leurs combattants en ont besoin pour se rendre de Ramadi à Mossoul, ville qui reste encore sous le contrôle de l’EI. Mais ils ont dû les perdre dans leur fuite."

"Nous avons retrouvé, à l’intérieur de plusieurs maisons, des explosifs très puissants de type C4, ça ressemble un peu à de l’argile. Ils les fabriquent à l’intérieur des maisons avant de les placer sur la route."

"Voici d’autres bombes que les combattants de l’EI plaçaient sur les routes ou dans les maisons. Celle-ci se déclenchent à l’aide d’un câble. J’ai fait un dessin pour expliquer comment elles fonctionnent. Je n’étais pas familier de tous ces procédés avant de m’engager dans ce combat contre l’EI…"

"La bombe est déclenchée via un câble qui traverse la rue".

"Voici l'une des photos que j’ai prises le soir de notre entrée dans la ville. Un beau coucher de soleil sur la ville libérée. Ramadi a été plus facile à libérer que Baïji, une ville dans laquelle j’ai aussi combattu."

Les brigades chiites qui combattent en Syrie sont régulièrement pointées du doigt pour leurs exactions. Celle de l’Imam Ali a notamment commis de multiples crimes de guerre : exécutions sommaires, tortures, pillages...