INTOX

Non, France 24 ne glisse pas de la science-fiction dans ses sujets sur les migrants

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Récemment, un internaute nous a demandé de jeter un œil à la vidéo ci-dessous. À première vue, on pourrait croire qu’il s’agit d’un reportage de France 24 reposté par un YouTuber. Mais, à y regarder de plus près, notre reportage sur la pression migratoire aux frontières de l’Europe a été édité : des images d’un blockbuster de science fiction y ont été rajoutées.

Un œil légèrement avisé repérera aisément dans ce montage de 2 min 48 les images qui relèvent du reportage original et celles tirées du film catastrophe "World War Z" , dont l’acteur principal n’est autre que Brad Pitt. Si les interviews sont bels et bien tirés du sujet de France 24, les premiers plans vus du ciel sont extraits du film, de même pour la scène à 0’27 où une meute de gens prend d’assaut un mur de plusieurs dizaines de mètres, ou encore à 2’36 quand un soldat mitraille ce même groupe de personnes, qui s’effondrent par dizaines sur le sol…

Ces images sont supposées illustrer le véritable commentaire de la journaliste de France 24 qui décrit "des personnes de pays subsahariens qui tentent d’escalader les grillages" dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla pour entrer en Europe. Le montage a été diffusé en avril 2015 mais le sujet original n’est pas récent, il date au plus tard de 2010. En manipulant ce sujet, l’internaute a très certainement voulu accentuer un sentiment de peur vis-à-vis de la crise migratoire que traverse l’Europe.

Et certains ont cru la rédaction de France 24 responsable de cette tentative d’intox comme cette internaute qui commente sous la vidéo : "Comment France 24 peut-elle utiliser des images issues d'un film type dystopie (World War Z) et ne pas le préciser, donnant l'impression de montrer des images réelles de ce qu'il se passe aux frontières marocaines de Ceuta et Mellila ? Je trouve personnellement cela scandaleux dans les temps de psychose actuels autour de l'immigration."

En cas de doutes, mieux vaut donc se référer à la chaine YouTube officielle de la rédaction disponible ici. France 24 a également demandé à YouTube de retirer la vidéo.