Felix Finkbeiner, un jeune Allemand de 18 ans, a lancé le mouvement "Plant for the Planet" en 2007, lorsqu'il avait 9 ans seulement. L’objectif : planter des arbres afin de lutter contre le changement climatique. Depuis cette date, son mouvement n’a cessé de grandir et plus de 14 milliards d’arbres ont été plantés sur la planète.


Ce jeune Munichois a lancé "Plant for the Planet", alors qu’il était encore à l’école primaire. Il donne désormais des conférences sur l’écologie dans le monde entier et étudie à l‘École des études orientales et africaines à Londres, après avoir obtenu l’Abitur – l’équivalent du baccalauréat en Allemagne – cette année. 

Felix Finkbeiner, lors de l'un de ses discours au siège des Nations Unies, à New-York, en 2011. Photo publiée sur
Flickr.

"Tout le monde peut planter des arbres, même si ce n’est pas l’unique solution"

J’ai eu l’idée de planter des arbres en préparant un exposé sur la crise climatique, pour l’école, en janvier 2007. Dans le cadre de mes recherches, j’avais lu que Wangari Maathai avait planté 30 millions d’arbres en Afrique en 30 ans. [Il s’agit d’une biologiste kenyane, prix Nobel de la paix en 2004, décédée en 2011, NDLR.] Le jour de mon exposé, j’ai conclu en disant : "Plantons un million d’arbres dans chaque pays du monde!" L’idée a plu à mon enseignant et on a planté notre premier arbre à l’école deux mois plus tard. Ensuite, d'autres écoles ont commencé à nous imiter.

On a tout de suite obtenu le soutien du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), qui venait de lancer la "Campagne pour un milliard d’arbres", lors de la Conférence sur le climat de Nairobi. C’est ainsi qu’est né le mouvement "Plant for the Planet".

"Plus de 36 000 enfants 'ambassadeurs pour la justice climatique'"

Dès l’année suivante, on a commencé à organiser des académies en Allemagne et à l’étranger. Il s’agit de formations gratuites, réalisées par des enfants avec l’aide d’adultes, destinées aux enfants de 9 à 12 ans, pour les inciter à agir en faveur du climat. Durant ces formations, on leur parle des causes et des conséquences du changement climatique, les enfants plantent des arbres, imaginent des activités destinées à sensibiliser d’autres enfants à ces thématiques… Une fois formés, les enfants reçoivent un certificat attestant qu’ils sont des "ambassadeurs pour la justice climatique". Ils peuvent alors participer à leur tour à la formation d’autres enfants, faire des présentations sur le sujet du changement climatique chez eux, etc. Plus de 36 000 enfants ont déjà reçu ce certificat. [Des académies ont déjà été organisées dans 56 pays, NDLR.]


Académie à Portland, aux États-Unis, en juillet 2015. Photo publiée sur
Flickr.
 
Académie à Portland, aux États-Unis, en juillet 2015. Photo publiée sur
Flickr.


Dès 2010, on a atteint l’objectif initial qui était de planter un million d’arbres en Allemagne. Et l’année suivante, la direction de la "Campagne pour un milliard d’arbres" du PNUE a été transférée à "Plant for the Planet", qui est désormais une fondation.

"Notre objectif est de planter 1 000 milliards d’arbres d’ici 2020"

Pour lutter contre le changement climatique, on estime que tout le monde peut agir à son niveau. L’une de nos devises, c’est qu’un moustique ne peut rien faire contre un rhinocéros, mais que des milliers de moustiques peuvent faire changer le rhinocéros de direction. Par ailleurs, on s’inspire également d’une phrase de Wangari Maathai : "Ce sont les petites choses que font les citoyens qui feront la différence. Ma petite chose est de planter des arbres."


Académie à Landsberg, en Allemagne, en octobre.2015. Photo publiée sur
Flickr.


C’est pourquoi "Plant for the Planet" encourage les actions locales. Planter des arbres n’est pas l’unique solution, mais c’est quelque chose que tout le monde peut faire. Pour l’instant, on en a déjà planté plus de 14 milliards dans plus d'une centaine de pays, dans le cadre de la campagne du PNUE, avec les enfants – notamment lors des académies – mais aussi grâce à la contribution de certains gouvernements et d’entreprises. Ces arbres ont été plantés dans des forêts, des jardins, des écoles... Sur notre site Internet, les visiteurs peuvent également s'engager à planter un certain nombre d'arbres ou faire un don.

Désormais, notre objectif est de parvenir à planter 1 000 milliards d’arbres d’ici 2020, ce qui permettrait d’absorber un quart des émissions de CO2 de l’homme. Je suis convaincu que c’est en additionnant différentes actions de ce type que l’on fera la différence.


Académie à Icking, en Allemagne, en novembre 2015. Photo publiée sur
Flickr.


"Il faut cesser de raisonner à court terme, car il s’agit de notre futur"

Par ailleurs, il nous semble crucial de cesser d’émettre du CO2 d’ici 2050 et d’éradiquer la pauvreté, notamment en faisant payer ceux qui émettent du carbone et en rémunérant ceux qui en produisent le moins. En fait, on pense que la paix est impossible tant qu’il y aura de la pauvreté et que rien ne sera fait pour lutter contre le changement climatique. Par exemple, tant que les gens mourront de faim ou seront forcés de partir de chez eux en raison de la sécheresse ou des inondations, il y aura toujours du terrorisme… On a conscience des enjeux : c’est pourquoi on se mobilise du côté des jeunes. Il s’agit de notre futur, donc il faut cesser de raisonner et d’agir uniquement à court terme...

Académie à Waldkirchen, en Allemagne, en novembre 2015. Photo publiée sur
Flickr.






Article écrit en collaboration avec
Chloé Lauvergnier

Chloé Lauvergnier , Journaliste francophone