TANZANIE

Le président tanzanien veut montrer l’exemple en s’improvisant éboueur

Le président John Magufuli dans les rues de Dar es-Salaam, mercredi 9 décembre. Photo : Magufuli is My President.
Le président John Magufuli dans les rues de Dar es-Salaam, mercredi 9 décembre. Photo : Magufuli is My President.

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Populiste ou plein d’humilité ? John Magufuli, le nouveau président tanzanien, a balayé et nettoyé les rues de Dar es-Salaam, la plus grande ville de Tanzanie, mercredi matin.

Un geste qui se veut symbolique : le 9 décembre est le jour de la fête nationale. Mais cette année, aucune célébration n’est prévue. Le chef de l’État, élu le 5 novembre dernier, a tout annulé, invitant ses concitoyens à nettoyer les rues plutôt que de parader et de danser.

Le président Magufuli dans les rues de Dar es-Salaam, mercredi 9 décembre. Photo : Magufuli is My President.

Le but : débarrasser le pays de l’épidémie de choléra qui y sévit. "Il n’est pas acceptable que nous célébrions 54 ans d’indépendance pendant que des gens meurent du choléra" avait fait valoir la présidence de la République courant novembre, alors que plus de 10 000 cas ont été recensés. Le geste de John Magufuli a fait des émules, des Tanzaniens postant des photos d’eux en train de nettoyer les rues.

Dans les rues ou devant hopital de Lushoto. Photos postée sur Twitter par @mwashamk

Depuis son élection, le président Magufuli multiplie les gestes symboliques pour témoigner de sa volonté de lutter conte les dérives de son pays et stopper le gaspillage de l’administration. Il s’est ainsi rendu lui-même au ministère des Finances, où il a exigé la liste des absents après avoir constaté que de nombreux fonctionnaires n’étaient pas à leur poste. Le directeur de l’hôpital général a, lui, déjà été licencié : le président n’a guère apprécié, lors de sa visite, de voir des malades dormir au sol ou que la pharmacie soit en manque de médicaments.

Cette volonté de rationaliser au maximum les dépenses publiques lui vaut le soutien d’une partie de la population, mais aussi des critiques. Comme la session de balayage dans les rues, les sorties du président sont soigneusement médiatisées et ont d’abord un but de communication. Sur Twitter, le hashtag "WhatWouldMagufuliDo ("Que ferait Magufuli" à ma place ) a émergé depuis fin novembre .

"Je voulais m'acheter un parapluie puis je me suis demandé 'que ferait Magufili à ma place ?'"

"J'ai voulu prendre un taxi mais après reflexion, 'Que ferait Magufili à ma place ?'"

"Je pensais aller au salon de coiffure, puis j'ai pensé : 'Que ferait Magufili à ma place ?'"