zimbabwé

Une ville zimbabwéenne de 35 000 habitants (encore) privée d’eau

Suite à un défaut de paiement de leur municipalité, les habitants de Redcliff sont privés d'eau.
Suite à un défaut de paiement de leur municipalité, les habitants de Redcliff sont privés d'eau.

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Les habitants de Redcliff, au Zimbabwe, se retrouvent sans eau courante depuis plusieurs jours, à cause d'une accumulation de factures impayées par la municipalité. Un calvaire qu'ils avaient déjà vécu l'an dernier.

En novembre 2014, notre observateur Tendai Mbofan nous avait alertés sur la longue coupure d'eau que subissaient les habitants de Redcliff, ainsi que sur les problèmes d’hygiène et le risque l’épidémie de choléra que pouvaient engendrer la pénurie d’eau.

Un an plus tard, le même scénario se répète. Suite à un défaut de paiement, la ville de Kwekwe a coupé l’approvisionnement en eau de la municipalité de Redcliff, 35 000 habitants. Notre observateur Tendai Mbofan nous a envoyé quelques photos.

La vaisselle sale s’entasse dans les éviers.

L’eau de la ville de Redcliff est l’une des plus chères du pays : la municipalité l’achète à la ville voisine de Kwewe, qui elle-même s’approvisionne auprès de l’Autorité nationale de l’eau au Zimbabwe. C’est en effet la compagnie nationale qui est propriétaire des barrages qui permettent d’alimenter en eau les villes zimbabwéennes.

Des seaux pour nettoyer les toilettes.

Dans un article paru dans la presse locale, le directeur des finances de Redcliff s’est expliqué sur les difficultés de paiement de sa municipalité. Selon lui, la ville de Kwekwe facture à Redcliff 160 000 dollars d’eau par mois, mais la mairie ne parvient à récupérer mensuellement que 30 000 dollars auprès des habitants et entreprises locales.

Près de 20 familles possèdent des puits à Redcliff, mais l’an dernier notre observateur nous avait expliqué que seulement cinq d’entre elles acceptaient de distribuer de l’eau gratuitement durant les périodes de pénurie.

Les habitants vont chercher de l’eau chez des voisins qui ont un puits.

À l’image de Redcliff, de nombreuses villes zimbabwéennes accusent de graves problèmes financiers. Depuis 2008 le pays, touché par une hyper-inflation, est lui-même devenu un État insolvable.