MALI - SENEGAL

Boycott et moqueries contre Orange, "trop cher" au Mali

Du Mali au Sénégal, des mouvements de boycott des produits d'Orange, opérateur téléphonique en situation de quasi monopole, se multiplient.
Du Mali au Sénégal, des mouvements de boycott des produits d'Orange, opérateur téléphonique en situation de quasi monopole, se multiplient.

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Des internautes maliens ont lancé le 1er décembre une journée de boycott d’Orange, qu’ils accusent "d’arnaquer" les consommateurs. Un deuxième mouvement de grogne dans un pays africain contre l’opérateur français, après celui du Sénégal en septembre.

"Ne vous faites pas presser comme des oranges" ou "Dérange" sur un fond carré orange, les slogans détournant le nom de l’opérateur de téléphonie "Orange" se sont multipliés depuis quelques jours sur les réseaux sociaux au Mali. L’entreprise est accusée par les internautes de pratiquer des prix prohibitifs et de proposer un service client de mauvaise qualité. Et cette critique dérange dans un pays qui est un marché important pour le groupe télécom français en Afrique de l'Ouest et du Centre. Selon ses propres chiffres, l’opérateur a en effet déjà pris 53,8 % de parts de marché au Mali. Dans cette région d’Afrique, Orange est passé de 8 millions à 18,5 millions d’abonnés entre 2013 et 2014, d’après l’agence Ecofin.

"En quelques jours, je n’ai plus de forfait et je me sens pigeonnée !"

Christelle Astou Cissé est l'une des internautes qui a lancé la campagne de boycott des produits Orange le 1er décembre.

Au Mali, nous payons 13 500 Francs CFA (20 euros) pour un forfait mobile avec 2 Go de connexion Internet… ce sont des prix similaires ceux pratiqués en Europe ! J’utilise beaucoup les réseaux sociaux ou des applications comme WhatsApp ou Viber... en quelques jours, je n’ai plus de forfait et je me sens frustrée et pigeonnée ! Le débit de connexion est en plus ridiculement faible. Depuis un mois, un collectif de plusieurs internautes a fait parvenir des doléances à Orange. Mais ils n’ont rien voulu nous répondre. Ils s’en fichent, car ils sont en quasi situation de monopole : le seul autre opérateur, Malitel, loue l’accès au réseau à Orange et a des prix équivalents.

Le jour du boycott, on a reçu des centaines de photos de gens qui ont détruit leurs cartes SIM Orange. J’ai même croisé des vendeurs de crédits téléphoniques qui refusaient de vendre des produits de cette marque par solidarité. On est très contents du suivi du boycott, mais on ne se fait pas d’illusion : pour Orange, c’est une goutte d’eau.

L’internaute explique qu’une autre journée de boycott sera organisée le 8 décembre tant que les prix à Bamako resteront presque trois fois supérieurs à ceux pratiqués à Dakar (5 000 francs CFA pour 2Go, soit 8 euros). Le Sénégal a d’ailleurs été un exemple pour les Maliens. Mi-septembre, un mouvement similaire avait été lancé pour dénoncer la pauvre qualité du service client de la firme.

"Malgré le boycott, l’internet ADSL coûte toujours autant qu’un sac de riz de 25 kg au Sénégal !"

Natty Seydi avait été l’un des initiateurs du mouvement à Dakar, au Sénégal.

Deux mois après, on ne peut pas dire que le boycott ait fait baisser les prix : l’internet en ADSL coûte toujours le prix d'un sac de riz de 25kg au Sénégal ! Pour un opérateur qui fait 150 milliards de francs CFA de bénéfice (228 millions d'euros), c’est quand même la honte. Notre opération a été un bad buzz pour eux. Depuis, nous avons remarqué que les promotions sont plus fréquentes et que le service client est plus à l’écoute du consommateur. Mais ce n’est toujours pas satisfaisant. Il est urgent qu’Orange propose des forfaits en Afrique comprenant appels, SMS et Internet comme il le fait en Europe.