LIBAN

Au Liban, des délestages "pires que pendant la guerre !"

Sit-in organisé mardi devant les locaux du minstère de l'Énergie pour dénocer le rationnement de l'électricité. Photo postée sur la page Facebook de la campaagne "Vous devez rendre des comptes".
Sit-in organisé mardi devant les locaux du minstère de l'Énergie pour dénocer le rationnement de l'électricité. Photo postée sur la page Facebook de la campaagne "Vous devez rendre des comptes".

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À peine quelques semaines après la fin des manifestations contre la mauvaise gestion des déchets, la contestation reprend au Liban. Des activistes ont mené mardi une action surprise devant le ministère de l’Énergie pour protester contre le rationnement de l’électricité en vigueur depuis la fin de la guerre civile en 1990.

Des activistes ont lancé une campagne baptisée "Vous devez rendre des comptes", exhortant les autorités à trouver une solution pour empêcher les coupures d’électricité. Dans le cadre de cette campagne, des dizaines de manifestants ont bloqué les accès au ministère de l’Énergie. Pris de court, les vigiles ont dû appeler les forces de l’ordre en renfort pour contenir la foule.

Des employés du ministère expriment leur solidarité avec les manifestants. Photo Twitter.

La protestation devant les locaux du ministère de l’Énergie.

"C’est pire que pendant la guerre !"

George Azar est l’un des participants à cette campagne.

Depuis les années 1990, l’État affirme avoir dépensé 27 millions d’euros pour assurer l’accès à l’électricité aux Libanais. Or, dans les années 1990, nous avions du courant 18 heures par jour. Aujourd’hui, le courant est coupé jusqu’à 18 heures par jour dans certaines régions du pays. Alors on veut savoir où est passé cet argent.

Lors de l’action que nous avons organisée hier, même les employés du ministère ont exprimé leur solidarité avec nos revendications.

Depuis quelques semaines, les ministres de l’Énergie et celui des Finances ne cessent de se rejeter publiquement la responsabilité de cette situation catastrophique et s’accusent de corruption, en menaçant même de fournir des preuves. Ça tourne au conflit entre communautés [Le ministre des Finances Hassan Khalil est chiite et celui de l'Énergie Arthur Nazarian est d'origine arménienne].

Sur cette feuille, un manifestant a écrit : "Avant 75, on avait l'électricité 24 heures sur 24. Et on vendait l'électricité à la Syrie malgré la guerre. Entre 1990 et 1992, on avait l'électicité 18 heures par jour. Et aujourdhui ? Demain, le Liban sera plongé dans le noir. Photo Twitter."  

Les délestages sont de plus en plus longs. À Tyr, Baalbek et dans la banlieue de Beyrouth, ils ont du courant 6 heures sur 24 heures. Dans la capitale, qui est la mieux lotie, l’électricité est coupée trois à six heures pas jour.

"Nous ne trouvons pas d’autres explications que la corruption"

Pour avoir l’électricité, les gens sont obligés de louer des générateurs électriques. L’abonnement pour 5 ampères coûte par exemple l’équivalent de 143 euros par mois. Et ce en plus de la facture d’électricité due à l’entreprise d’État.

Plusieurs centrales électriques ont été construites ces dernières années, notamment dans la région de Zouk et Zahrani. Pour autant, le problème n’a pas été réglé. Nous ne trouvons pas d’autres explications que la corruption.

Nous allons poursuivre notre mouvement avec des actions surprises. Nous discutons également avec les autres mouvements tel que "Vous puez" pour essayer de regrouper nos efforts et contraindre les autorités à engager rapidement des réformes.