ALLEMAGNE

Interdits de manifester au G7, ils protestent en randonnant

Des centaines de personnes ont réalisé une marche de 8 km, dimanche 7 juin, en direction du château d’Elmau, en Allemagne, où sont actuellement réunis les dirigeants des pays du G7. Ils souhaitaient dénoncer la politique des grandes puissances, mais également défendre leur droit à manifester, alors qu’une clôture a été mise en place autour du château pour maintenir à l’écart les protestataires.

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Marche à travers les montagnes bavaroises, le 7 juin, pour protester contre la politique du G7. Toutes les photos ont été prises par notre Observateur.

Des centaines de personnes ont réalisé une marche de 8 km, dimanche 7 juin, en direction du château d’Elmau, en Allemagne, où sont actuellement réunis les dirigeants des pays du G7. Ils souhaitaient dénoncer la politique des grandes puissances, mais également défendre leur droit à manifester, alors qu’une clôture a été mise en place autour du château pour maintenir à l’écart les protestataires.

Les dirigeants de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni sont réunis pendant deux jours, les 7 et 8 juin, afin de discuter notamment de la dette grecque, de l’Ukraine et du climat.

Dès le 4 juin, plus de 30 000 opposants au G7 ont faire entendre leur voix à Munich, à une centaine de kilomètres d’Elmau. De nouvelles manifestations se sont ensuite déroulées à Garmisch-Partenkirchen, où un campement de protestataires est installé. Samedi 6 juin, environ 4 000 personnes ont ainsi défilé dans cette ville, où plusieurs blessés ont été recensés à la suite de heurts avec les forces de l’ordre.

"Une clôture a été mise en place pour éviter qu’on ne se rassemble sous les fenêtres du château, comme si on était forcément violents…"

Grecko est un habitant de Francfort, membre du mouvement Blockupy et du parti de gauche Die Linke, qui participe aux manifestations contre le G7.

Dimanche, on est partis de Garmisch-Partenkirchen vers 8 h 30, afin de marcher jusqu’à la clôture entourant le château d’Elmau. On était environ 800. Très rapidement, on s’est divisés en deux groupes, pour que la police ne puisse pas bloquer l’ensemble des manifestants sur la route.

Départ de la marche du 7 juin à Garmisch-Partenkirchen, dans la matinée.

Il y avait des policiers armés tout le long du parcours. Ils nous stoppaient sans cesse, avant de nous laisser reprendre notre marche.

Les policiers, omniprésents le long du parcours des protestataires.

On est arrivés à la clôture vers midi, après avoir marché 8 kilomètres. Sur place, on a réalisé un sit-in pour défendre notre droit à manifester. Cette clôture, longue de plusieurs kilomètres, a en effet été mise en place pour éviter qu’on ne se rassemble sous les fenêtres du château, comme si on était forcément violents. Environ 20 000 policiers ont par ailleurs été déployés dans la région pour assurer la protection des dirigeants du G7, mais également pour étouffer les protestations.

Sit-in devant la clôture entourant le château dans lequel sont réunis les dirigeants du G7.

Personne ne s’est risqué à forcer la clôture, après la répression policière qu’il y avait eu la veille. Moi-même, j’ai reçu un coup de matraque au genou ce jour-là, alors qu’il n’y avait eu aucun trouble majeur les deux jours précédents. Puis, au bout d’une heure, on est repartis à pied à Garmisch-Partenkirchen.

Les policiers, le long du parcours des manifestants.

C’est le groupe "Stop G7" qui a coordonné les manifestations à Garmisch-Partenkirchen. Il s’agit d’un groupe anticapitaliste et antimilitariste, qui s’est constitué il y a deux ans environ. Dimanche, parmi les protestataires, il y avait des membres d’organisations altermondialistes, de défense des droits de l’Homme, de partis politiques de gauche, des écologistes, des syndicalistes…

On proteste contre la politique du G7, car on estime que ces pays exploitent les pays pauvres pour réaliser des profits, produisent beaucoup trop d’armes – ce qui alimente les conflits – n’agissent pas assez en faveur de l’environnement… Le but était aussi de dénoncer le TTIP, le traité de libre-échange transatlantique en cours de négociation entre les États-Unis et l’Union européenne. Enfin, on trouve excessif d’investir des millions d’euros dans un tel événement... [Bien que le coût précis du G7 soit gardé secret, la fédération des contribuables allemande évalue le budget à 360 millions d’euros, NDLR.]

Cet article a été écrit en collaboration avec Chloé Lauvergnier (@clauvergnier), journaliste à France 24.