CANADA

La "femme en niqab" qui distribue des free hugs

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Capture d'écran de la vidéo YouTube ci-dessous.

Une femme couverte d’un voile intégral noir propose aux passants des câlins gratuits dans une rue de Vancouver. Cette vidéo est l’œuvre d’un artiste qui se pose une question : comment vont réagir les passants ?

Certains regardent de loin, d’autres prennent des photos, mais la plupart choisissent d’étreindre l’inconnue. Totalement couverte de noir, les yeux bandés, elle est entourée de trois pancartes : "J’ai confiance en vous", "Avez-vous confiance en moi ?", "Donnez-moi un câlin".

À la fin de la vidéo, la "femme" en niqab dévoile le bas de son visage… celui d’un homme. Ce comédien de théâtre gestuel d’origine égyptienne souhaite rester anonyme et n’exister qu’à travers son art, explique-t-il à France 24. Il n’a pas de message à partager et dit ne pas vouloir entrer dans des débats politiques. Pourtant, l’idée lui est venue après avoir regardé la vidéo "Blind trust project", vue plus de 2 millions de fois sur YouTube : pour lutter contre l’islamophobie, un Canadien musulman, les yeux bandés, proposait des câlins gratuits dans les rues de Toronto.

En découvrant la vidéo ci-dessus, l’artiste de Vancouver s’est demandé si une femme portant un niqab aurait autant de succès. "La réponse est oui. Mais peut-être que si je l’avais fait dans un autre endroit à un autre moment, je n’aurais pas eu le même résultat. On ne sait jamais comment le public peut réagir quand l’art est interactif ", explique-t-il.

Le comédien a choisi de réaliser cette performance en marge d’une manifestation contre la loi anti-terroriste qui vient d’être adoptée. Ses détracteurs l'accusent de porter atteinte aux droits des Canadiens.

Tout le monde parle d’islam et d’islamophobie en ce moment. Au Canada, on est en train de se demander s’il ne faut pas interdire le niqab. En tant qu’artiste, je fais partie de la société et je m’inspire de ce qu’il se passe autour de moi. Je n’ai pas d’opinion à donner sur le port du niqab en particulier, mais si vous me demandez ce que je pense des vêtements en général, alors je vous dirais que je suis pour la liberté de porter ce que l’on veut. Le plus important, c’est que tout le monde puisse interpréter ma vidéo comme il le souhaite et qu’elle provoque des discussions libres. Je n’ai voulu offenser personne bien sûr, à la fin de la vidéo je montre que c’est un costume et que c’est un homme qui était dessous. C’est important pour moi de faire la différence entre fiction et réalité. Pendant ma performance, les gens étaient très amicaux. C’était très simple, ils me prenaient dans les bras et s’en allaient. Je pense que je le referai.

Billet écrit par Amira Bouziri (@AmiraB22), journaliste à France 24.