BÉNIN

En images : émeutes post-électorales à Cotonou

Des émeutes ont éclaté, lundi, à Cotonou, capitale du Bénin, au lendemain de la confirmation de la victoire du parti de l’actuel président aux élections législatives. À l’origine de ces violences : la convocation d’un député d’opposition par les autorités. Un de nos Observateurs sur place a suivi cette journée d’émeutes.

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Des émeutes ont éclaté, lundi, à Cotonou, capitale du Bénin, au lendemain de la confirmation de la victoire du parti de l’actuel président aux élections législatives. À l’origine de ces violences : la convocation d’un député d’opposition par les autorités. Un de nos Observateurs sur place a suivi cette journée d’émeutes.

 

Les forces de l’ordre béninoises se sont rendues tôt dans la matinée de lundi au domicile de Candide Azannaï, député et président du parti Restaurer l’espoir, munies d’une convocation à la gendarmerie nationale. Immédiatement, le bruit d’une probable arrestation du politique a couru dans le quartier si bien que  sympathisants et personnalités d’opposition se sont rassemblés pour protester à proximité de sa résidence. Quelques heures plus tard, le mouvement s’était déjà étendu à plusieurs autres quartiers de la capitale. 

Alain (pseudonyme) était sur place.

Dans l’après-midi, j'ai entendu ce qu’il se passait chez le député et je me suis précipité sur les lieux. Des gendarmes étaient entrés dans sa résidence. L’opposition a réussi à faire partir les gendarmes, mais malheureusement des violences ont éclaté peu après entre la population et les forces de l'ordre. Aux jets de gaz lacrymogène, les habitants répondaient par des jets de pierre. J’ai photographié un homme blessé au bras. Même le quartier présidentiel a été secoué. Des pneus ont été brûlés et des voitures de police et de pompiers ont été incendiées.

Selon Me Djogbénou, l’avocat d’Azannai, l’intervention de la police au domicile du député relève de la "violation de domicile" car la convocation présentée à son client ne portait aucun motif. L’opposition argue par ailleurs qu’Azannai est supposé bénéficier, comme tout député, d’une immunité parlementaire.

 

Le secrétaire général du gouvernement, Alassani Tigri, a expliqué à la télévision dans la soirée de lundi que le député avait été convoqué pour des propos tenus pendant la campagne. Il aurait "systématiquement pris le président de la République pour une cible à couvrir d’injures ".

La veille, dimanche, la Cour constitutionnelle avait donné les résultats définitifs du scrutin législatif organisé une semaine plus tôt. Les FCBE, Forces cauris pour un Bénin émergent, l'alliance qui soutient l’actuel président Boni Yayi, se maintiennent en tête avec 33 députés sur 83, devant une opposition divisée.