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Togo : Des "urnes suspectes" repérées à Lomé... Vraiment ?

Les Togolais votaient samedi 25 mars pour élire leur président. Si l’élection s’est globalement bien déroulée selon les observateurs, quelques couacs ont été signalés. Samedi soir, un véhicule non habilité à transporter des urnes a notamment été arrêté par des habitants de Lomé qui suspectaient une tentative de tricherie. La vidéo a vite fait le tour d’Internet.

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Des habitants du quartier Vakpossito à Lomé ont trouvé des "urnes suspectes" transportées par un véhicule non habilité. Photo envoyée par nos Observateurs.

Les Togolais votaient samedi 25 avril pour élire leur président. Si l’élection s’est globalement bien déroulée selon les observateurs, quelques couacs ont été signalés. Samedi soir, un véhicule non habilité à transporter des urnes a notamment été arrêté par des habitants de Lomé qui suspectaient une tentative de tricherie. La vidéo a vite fait le tour d’Internet.

Samedi, au soir de la fermeture des bureaux de votes pour l’élection présidentielle togolaise, un véhicule, avec trois hommes dont un policier à son bord, a été arrêté par des habitants du quartier Vakpossito à Lomé.

Vidéo filmée dimanche matin, au lendemain de la découverte du véhicule rempli d'urnes suspectes. Vidéo Togovisions sur Youtube.

Dans le pick-up, une petite dizaine d’urnes remplies de bulletins étaient recouvertes par une bâche, faisant croire aux habitants à une tentative de bourrage d’urnes. Ces derniers ont immédiatement immobilisé le véhicule et crevé ses pneus avant d’appeler un responsable de la Commission nationale électorale indépendante (CENI) pour clarifier la situation. Des témoins joints par France 24 affirment que les trois hommes auraient réussi à prendre la fuite.

Les roues du véhicule ont été crevées par les habitants qui ne voulaient pas que le véhicule emmènent les urnes.

"Ce véhicule n'aurait pas dû acheminer cette urne, mais il ne s'agit pas d'une tentative de fraude"

Arrivé sur les lieux, Alphonse (pseudonyme), membre d’une organisation de la société civile dans le quartier, tente d’en savoir plus.

Le véhicule portait une plaque d’immatriculation verte signifiant qu’il appartient à l’État togolais. Il n’aurait pas dû transporter d’urnes, car seuls des bus spéciaux sont normalement habilités à le faire. Par ailleurs, le président du bureau et ses rapporteurs doivent normalement accompagner tout déplacement d’urnes dans le même véhicule, ce qui n’était pas le cas selon les témoins [selon un membre du bureau d’où viennent les urnes, le véhicule était suivi par moto par le président du bureau, NDLR].

Cependant, si le mode opératoire de transfert des urnes n’a pas été respecté à la lettre, ces urnes viennent d’un vrai bureau de vote, situé dans le quartier d’Avedji. Les membres du bureau attendaient qu’un bus passe pour venir chercher l’urne, mais il n’est pas venu à l’heure prévue. Ils ont donc demandé que les urnes soient acheminées par ce véhicule, de peur qu'elles ne soit dérobée.

C’était très maladroit de confier ces urnes à un véhicule appartenant à l’État, c’est normal que les gens aient mal réagi. Cela montre que les électeurs n’ont pas totalement confiance en les instances togolaises indépendantes. D’ailleurs, certains n’ont pas hésité à escorter les bus qui transportaient les urnes pour s’assurer qu’ils arrivaient bien à la CENI."

Des habitants de Lomé ont escorté les bus qui transportaient les urnes des bureaux de vote à la CENI. Vidéo Togovisions.

L’un des coordinateurs régionaux pour les élections dans la région de Lomé, Roméo Togbe, confirme le récit de notre Observateur et ajoute que les urnes ont finalement été acheminées à la CENI. Selon lui, un deuxième incident de déplacement "suspect "d’urnes aurait été signalé lors du scrutin dans la capitale.

D’après les premières estimations portant sur 10% des voix, le président sortant, Faure Gnassingbé, serait en tête, juste devant le candidat de l’opposition, Jean-Pierre Fabre. Des membres de l'opposition ont commencé lundi soir à remettre en question le scrutin, ont pointé du doigt des irrégularités, notamment autour de la préfecture de la Bina, où figure dans les décomptes un surplus de 1 120 voix, pour l’heure inexpliqué.