CHILI

Trois façons d’avorter "accidentellement" au Chili : les activistes jouent la provoc'

Publicité

Le Chili fait partie des sept pays du monde à interdire complètement l’avortement. Pour faire avancer les droits des femmes, une association a lancé une campagne choc dans laquelle trois vidéos permettent d’expliquer aux Chiliennes comment avorter "accidentellement ".

Se jeter dans les escaliers après avoir vérifié qu’il n’y avait pas de caméras de surveillance ou alors traverser au feu vert sous les roues d'une voiture. Voici deux conseils que prodigue l’association Miles Chile pour avorter clandestinement. "Ce sont des fictions volontairement violentes pour lancer le débat", explique Claudia Dides, la présidente de l’association sur le plateau de CNN Chile. Une campagne provocatrice pour montrer la réalité ; l’avortement accidentel au Chili est la seule "méthode légale" aujourd’hui pour interrompre sa grossesse.

ATTENTION LES VIDEOS PEUVENT CHOQUER

Comme le laisse entendre le hashtag #LEYabortoTERAPEUTICO, largement partagé sur Twitter, l’association demande avant tout que le gouvernement chilien autorise l’avortement thérapeutique, soit le fait de pouvoir avorter lorsqu’il y a un danger pour la mère et/ou l’enfant. Ces vidéos ont été vues plus de cent mille fois sur Youtube depuis qu’elles ont été publiées, il y a deux semaines, et ont déclenché de vives réactions sur Twitter.

"Une femme ne doit pas être condamnée à mourir ou à accoucher quand il y a eu agression. #loiavortement thérapeutique"

"Nous lançons un appel au congrès du Chili pour faire tout ce qui est en leur pouvoir pour accepter la #loiavortementthérapeutique #moncorpsmesdroits"

Dans ce pays d’Amérique du Sud très conservateur, l’avortement n’est en aucun cas autorisé. Pourtant, il était légal jusqu’en 1989 avant d’être interdit sous le régime de Pinochet (1974-1990). Le 31 janvier 2015, la présidente Michelle Bachelet a déposé un projet de loi pour légaliser l’avortement thérapeutique, qui n'a pas encore été étudié à ce jour, mais le congrès avait déjà refusé plusieurs fois de légaliser cet acte médical. L’avortement au Chili est aujourd’hui passible de cinq ans de prison.

Billet écrit par Amira Bouziri (@AmiraB22), journaliste à France 24.