CANADA

VIDÉO : Un policier québécois gaze à bout portant une manifestante

Trois ans après le "printemps érable ", les étudiants québécois sont à nouveau en colère : ils étaient des centaines à manifester depuis lundi à Montréal pour protester contre des coupes budgétaires dans les crédits des universités. Leurs manifestations ont donné lieu à des affrontements parfois violents avec la police dont est notamment ressortie une image choc, où l’on voit une manifestante recevoir un jet de gaz lacrymogène à bout portant en plein visage.

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Capture d'écran d'une vidéo amateur montrant une manifestante recevoir un jet de gaz lacrymogène à bout portant en plein visage. Video : Impact campus.

Trois ans après le "printemps érable", les étudiants québécois sont à nouveau en colère : ils sont des centaines à manifester depuis lundi 23 mars, à Montréal, pour protester contre des coupes budgétaires dans les crédits des universités. Leurs manifestations ont donné lieu à des affrontements parfois violents avec la police dont est notamment ressortie une image choc, où l’on voit une manifestante recevoir un jet de gaz lacrymogène à bout portant, en plein visage.

L’incident s’est produit jeudi 26 mars au soir, alors que des étudiants manifestaient devant l’Assemblée nationale du Québec. Leur cortège s’est retrouvé bloqué par un cordon de policiers en tenue anti-émeute. Après un face-à-face tendu, pendant lequel on entend les manifestants chanter "À pied, à cheval ou en hélicoptère, un bon flic est au cimetière", les manifestants avancent d’un pas de plus provoquant la réaction immédiate de la police, qui les repousse. Mais alors qu’une certaine distance est rétablie entre les deux groupes, un policier tire avec un lanceur de gaz lacrymogène à bout portant dans le visage d’une étudiante.

Vidéo postée sur le compte YouTube Impact Campus.

Selon un expert en balistique contacté par France 24, "l’arme est un lanceur de gaz lacrymogène, et les consignes sur ce type d’engins sont claires : il ne faut pas les utiliser à moins de 10 ou 15 mètres de la cible. Or ici, le policier tire à bout portant. Son comportement est clairement disproportionné par rapport à la menace que pouvait représenter la manifestante."

Des photos et des captures d’écrans de l’incident ont beaucoup circulé en ligne depuis jeudi soir, suscitant des réactions émues. Interrogée à la télévision vendredi matin, la mère de l’étudiante a expliqué que sa fille n’était pas en mesure de parler car elle a"une brûlure et sa lèvre est enflée (…) sept fois plus grosse que la normale". Selon elle, "il y a des façons de lancer les bombes lacrymogènes, dans les airs ou au sol. Visiblement, il n’y avait même pas un mètre ou deux mètres" entre le policier et sa fille. Selon le même expert, "il y a une charge dans le lanceur, qui provoque une flamme, ce qui a pu provoquer des brûlures au premier voire au deuxième degré".

La police du Québec a évacué la jeune fille blessée mais n’a pas fait de commentaire sur l’incident. La manifestation avait été déclarée illégale, les autorités reprochant aux étudiants de ne pas avoir accepté de dévoiler leur itinéraire.

Les étudiants protestent contre les "compressions" budgétaires dans le domaine de l’éducation, qui touchent particulièrement l’université : une coupe nette de 73 millions de dollars canadiens (environ 53 millions d’euros) est prévue dans les crédits du réseau universitaire, la plus importante depuis vingt ans. En 2012, un projet de loi visant à augmenter les frais d’inscription à l’université avait provoqué sur un mouvement de contestation étudiant sans précédent, qui avait été surnommé "printemps érable".