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GABON

Grève générale : vers une année blanche pour les étudiants ?

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Des milliers de personnes – étudiants, travailleurs et retraités – sont descendues dans les rues de Libreville, la capitale gabonaise, lundi 23 mars, dans le cadre de la grève générale qui immobilise le pays depuis des semaines, et qui touche notamment le domaine de l’éducation. En l’absence de cours, les étudiants s’inquiètent désormais de la possibilité d’une année blanche, tout en se montrant solidaires de leurs enseignants.

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Lundi 23 mars, de nombreux étudiants ont manifesté à Libreville, à l'image de ce jeune homme qui affiche son souhait que les cours reprennent. Photo prise par Balack Obame.

Des milliers de personnes – étudiants, travailleurs et retraités – sont descendues dans les rues de Libreville, la capitale gabonaise, lundi 23 mars, dans le cadre de la grève générale qui immobilise le pays depuis des semaines, et qui touche notamment le domaine de l’éducation. En l’absence de cours, les étudiants s’inquiètent désormais de la possibilité d’une année blanche, tout en se montrant solidaires de leurs enseignants.

La grève générale a été votée le 7 février dernier par la coalition "Dynamique unitaire", qui regroupe une cinquantaine de syndicats de la fonction publique, avant d’être reconduite le 16 mars. Éducation, travaux publics, affaires sociales, impôts, douane… Tous les secteurs de la fonction publique sont concernés par le mouvement.

Les fonctionnaires souhaitent notamment que le salaire minimum passe de 80 000 francs CFA (soit 121 euros environ) à 300 000 francs CFA (soit 456 euros environ). Les retraités réclament quant à eux une revalorisation de leurs pensions, tandis que les étudiants du secondaire et du supérieur exigent le versement de bourses trimestrielles et la reprise des cours.

Photo prise par Balack Obame.

"Les jeunes n’ont plus cours depuis des semaines, mais ne sont pas en colère contre les enseignants pour autant"

Alfred Odiang est responsable de la Conasysed, une intersyndicale d’enseignants, dans la province de Woleu-Ntem.

C’est le deuxième trimestre d’affilée que les étudiants ne touchent plus leurs bourses, dont ils réclament le versement. Par ailleurs, les jeunes n’ont plus cours depuis le 7 février, en raison de la grève des enseignants. Ils veulent donc retourner en classe, pour ne pas avoir une année blanche. Mais ils ne sont pas en colère contre nous pour autant, au contraire ! Ils estiment que l’État doit d’abord répondre à nos revendications avant que l’on revienne en classe.

Du côté des enseignants, outre les revendications salariales, on réclame également le versement de la prime d’incitation à la performance, mise en place il y a moins d’un an. C’est une prime trimestrielle. On l’a déjà touchée deux fois, mais elle ne nous a pas été versée la dernière fois… Le gouvernement n’offre aucune solution aux travailleurs depuis deux mois.

"Ali, quitte le pouvoir, on veut la paix !!!" Dans le cortège du lundi 23 mars, à Libreville, de nombreux manifestants ont également réclamé le départ du président Ali Bongo. Photo de Ballack Obame.

"Si le salaire minimum augmente, les étudiants en bénéficieront également"

Ballack Obame est étudiant en droit à Libreville.

Les élèves du secondaire n’ont pas été en classe depuis le 7 février. Mais c’est encore pire à l’université, puisqu’on n’a plus cours depuis la fin de l’année 2014. La nouvelle année académique n’a même pas pu démarrer. On veut donc que les cours reprennent rapidement, car on sera les premières victimes en cas d’année blanche.

Il faut pour cela que l’État réponde rapidement aux demandes formulées par les syndicalistes. Que les choses soient claires : les étudiants ne soutiennent ni l’État, ni les syndicats. Mais les revendications de ces derniers sont légitimes, notamment concernant le salaire minimum. D’ailleurs, si celui-ci augmente, on en bénéficiera également, une fois nos études terminées…

Outre la menace d’une année blanche pour les étudiants, d’autres problèmes existent, notamment dans les hôpitaux, où seul un service minimum est assuré. "Des infirmiers continuent à voir quelques patients tous les jours, mais seulement entre 8h et 10h, ce qui est extrêmement problématique", indique Alfred Odiang, notre Observateur.

Les forces de l'ordre ont utilisé du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Photo de Alfred Odiang.

Convoquée par la coalition "Dynamique unitaire", la manifestation du lundi 23 mars, à laquelle ont participé Alfred Odiang et Balack Obame, a été réprimée par les forces de l’ordre. Ces dernières ont utilisé du gaz lacrymogène et tiré avec des balles à blanc en direction des manifestants à proximité de l’Assemblée nationale, en blessant quelques uns, selon nos deux Observateurs.

Une jeune manifestante, victime du gaz lacrymogène tiré par les forces de l'ordre. Photo de Alfred Odiang.

Cet article a été écrit avec la collaboration de Chloé Lauvergnier (@clauvergnier), journaliste à France 24.

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