Le symbole nucléaire ne figure pas sur le nouveau billet de 50000 rials.

Les autorités iraniennes viennent de dévoiler un nouveau billet de banque de 50000 rials [soit 1,30 euros]. Sur ce nouveau billet, les symboles nucléaires sont remplacés par les portes de l’Université de Téhéran. Au moment où l’Iran négocie un accord politique avec les puissances occidentales sur son programme nucléaire, certainsconservateurs y voient un aveu de faiblesse…

Sur l’ancien billet de 50000 rials,un symbole nucléaire- des électrons en orbite autour d’un atome - recouvre la carte du golfe Persique. Ce billet avait été mis en circulation sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad en 2007, au plus fort de la crise sur le dossier du nucléaire iranien.


Et voici le nouveau billet de 50000 rials.


Il a été présenté le 4 mars à l’occasion du80e anniversaire de l’approbation de la charte de l’Université de Téhéran. Le symbole nucléaire laisse donc place aux portes de cet établissement connu pour être le plus ancien et le plus grand d’Iran. Le tout est accompagné d’une citation de Ferdowsi, un célèbre poète persan du Xe siècle, qui signifie : "La source de la force est le savoir, l’éducation rajeunit les cœurs."

Cette opération n’est pas une coïncidence, estiment certains spécialistes, à l’heure où l’Iran est en train de mener des pourparlers avec le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) pour espérer sceller un accord sur le nucléaire avant le 31 mars.

"C’est politique", indique sur son compte Twitter Kevan Harris, sociologue et directeur associé du Centre pour l'Iran de l'Université de Princeton. Interrogé par Globalvoices, le chercheur rappelle toutefois que les portes de l’Université de Téhéran figuraient déjà sur les billets de 500 rials émis en 1981, deux ans seulement après la Révolution islamique.

Billet de 500 rials émis en 1981.

Plusieurs journaux conservateurs ont critiqué l’émission de ce nouveau billet, et accusé les autorités de préparer l’opinion à des "concessions" dans les négociations sur le programme nucléaire iranien.